du Capitaine Cook. 59
lui; mais, à notre grande furprife, ils aimèrent mieuxnous accompagner.
Lorsque nous nous fûmes retirés, l’Indien allacueillir une autre branche verte, & la portant dans famain, il s’approcha du corps mort que les jeunes fau-vages avoient couvert d’une partie de leurs vêtemens ;il marcha quelque tems autour de ce cadavre en faifancdifférentes cérémonies , & finit par jetter près de luila branche qu’il tenoit ; après quoi , il retourna versfes compagnons qui étoient reftés affis fur le fable pourobferver I’iffue de fa négociation : ils fe raffemblèrentfur le champ autour de lui , & refièrent attroupéspendant plus d’une heure , fans paroître faire aucuneattention à nous. Nous étions plus curieux , <$t nousles obfervions du vaiffeau avec nos lunettes ; nous envîmes quelques-uns traverfer la rivière fur une efpècede radeau , & quatre d’entr’eux emportèrent le corpsfur lequel on avoit fait les cérémonies qu’on vient dedécrire. Ils laifsèrent l’autre cadavre dans l’endroit oùil étoit.
A p R fe s-d 1 n e r , je dis à Tupia de demander auxjeunes Indiens s’ils avoient encore quelque répugnanceà defcendre dans l’endroit où nous avions laiffé l’oncledu plus jeune , l’enlevement du corps mort nousparoiflànt une ratification de la paix : ils répondi-rent qu’ils y defcendroient volontiers ; on équipa unbateau ; ils y fautèrent avec beaucoup d’emprefîe-ment, & lorfque le bateau fut à la côte , ils y débar-quèrent fans héfiter ; à peine eut-il repris la routedu vaiffeau qu’ils revinrent vers les rochers en entrant
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Ann. 1768Octobre.