du Capitaine Cook. 53
obligé de céder enfin à la fupérioriré, & les autres felaifsèrent prendre avec plus de facilité.
Ann. 1765?,Octobre.
Je ne peux pas me diffimuler que toutes les âmeshumaines & fenfibles me blâmeront d’avoir fait tirerfur ces malheureux Indiens, & il me feroit impoffiblede ne pas blâmer moi-môme une telle violence, fi je1 examinois de fang froid. Sans doute ils ne méri-toient pas la mort pour avoir refufé de fe fier à mespromefies & de venir à mon bord , quand même ilsn’y euflent vu aucun danger ; mais la nature de macommiffion m’obligeoit à prendre connoiflance deleur pays , & je ne pouvois le faire qu’en y pénétrantà force ouverte , ou en obtenant la confiance & labonne volonté des habitans. J’avois déjà tenté fansfuccès la voie des préfens ; le defir d’éviter de nouvelleshoftilités m’avoit fait entreprendre d’en avoir quelques-uns à bord, comme l’unique moyen de les convaincreque, loin de vouloir leur faire aucun mal, nous étionsdifpofés h leur être utiles. Jufques-là mes intentionsn’avoient certainement rien de criminel ; il eft vrai quedans le combat, auquel je ne m’étois point attendu, notreviêtoire eut pu être également complette fans ôter lavie a quatre de ces Indiens; mais il faut confidérer quedans une femblable fituation , quand Tordre de fairefeu a été donné, on n’efl: plus le maître d’en prefcrireni d’en modérer les effets.
Dès que les trois jeunes Indiens, que nous avionstirés de l’eau , furent dans le bateau , ils fe jettèrentpar terre s’attendant fans doute k être mis k mort fur?le champ : nous nous hâtâmes de les raffurer autant
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