jo Voyage
enlever nos armes furent fans fuccès , & nous leur7^9- fîmes entendre par Tupia , que nous ferions obligés>re ’ de les tuer, s’ils fe portoient encore à quelques vio-lences. Cependant au bout de quelques minutes , M.Green s’étant retourné fans précaution , un Indienlui arracha fon coutelas , & fe retirant à une petitediftance, fe mit à l’agiter autour de fa tête avec descris de triomphe. Les autres commencèrent alors àmontrer beaucoup d’infolence , & nous vîmes en mê-me-tems une nouvelle troupe qui venoit les joindre dubord oppofé de la rivière. Nous jugeâmes alors nécef-faire de réprimer leur audace: M. Banks tira fur celuiqui avoit pris le coutelas, un coup de fufil chargé depetit plomb, à la diftance d’environ 15 verges. Lecoup lui fit d’abord fufpendre fon cri, mais au lieude rendre le coutelas , il continua de l’agiter au-delfusde fa tête, & en même-tems il fe retira lentement àune plus grande diftance. Alors M. Monkhoufe lui tiraun coup de fufil chargé à baie qui le fit tomber fur lechamp. Le corps principal des Indiens, qui s'étoitretiré vers un rocher fitué au milieu de la rivièrelorfque nous tirâmes le premier coup de fufil, ferapprocha en entendant le fécond. Deux Indiens quiétoient près de celui qui venoit. d’être tué, coururentvers le corps mort ; l’un fe faifit de l’arc de talc verd,l’autre voulut prendre le coutelas , & M. Monkhoufen’eut que le tems de le prévenir. Comme tous ceuxqui s’étoient retirés fur le rocher , marchoient alorsvers nous , nous tirâmes trois coups de fufil chargésfeulement à petit plomb , qui les déterminèrent à rega-gner l’autre bord à la nage j & nous nous apperçûmes,