du Capitaine Cook. 49
Solander , Green & Monkhoufe & de Tupia. Ce-lui-ci leur parla de nouveau , & nous vîmes avecgrand plaifir qu’il fe faifoit entendre parfaitement. Cespeuples & lui partaient deux dialeâes de la mêmelangue. Il leur dit que nous délirions de l’eau & desprovifions , & que nous leur donnerions en échangedu fer , dont il leur expliqua l’ufage du mieux qu’ilput. Ils répondirent qu’ils vouloient bien trafiqueravec nous , & que nous n’avions qu’à venir auprèsd’eux. Nous y confentîmes à condition qu’ils met-troient bas leurs armes, mais c’eft à quoi on ne putjamais les déterminer. Pendant cette converfation Tu-pia nous avertit d’être fur nos gardes parce qu’ils n’é-toient pas nos amis. Nous les .prefiàmes à notre tourde venir auprès de nous ; à la fin un d’eux fe désha-billa & traverfa la rivière à la nage fans armes. 11 futfuivi prefque fur le champ par deux autres, &.bien-tôt après par la plus grande partie du refte, au nom-bre de vingt ou trente hommes ; mais ceux-ci prirentleurs armes avec eux. Nous leur fîmes à tous des pré-sents de fer & de verroterie ; ils ne parurent pas enfaire beaucoup de cas , particuliérement du fer dontils ne concevoient aucunement l’utilité ; de forte quenous n’eûmes en retour que quelques plumes. Ils nousoffrirent à la vérité d’échanger leurs armes contre lesnôtres , & lorfqu’ils virent que nous nous y refufions ,ils firent plufieurs tentatives pour arracher nos fufilsde nos mains. Dès qu’ils s’étoient avancés vers nous,Tupia nous avoit répété qu’ils n’étoient pas nos amis,& nous avoit recommandé plus pofitivement de noustenir fur nos gardes. Auffi leurs tentatives pour nous
Tome III, G
Ann. 176^.Octobre.