Ann. 1769.Odtobre.
48 Voyage
Le 9, au matin, nous vîmes plufieurs Indiens dansle.même endroit où ils s’étoient raflemblés la veille ;quelques - uns marchoient fort vite vers le lieu oùnous avions débarqué; la plupart étoient fans armes,mais trois ou quatre portoient à la main de longuespiques. Comme je delîrois d’établir un commerceavec eux, je fis équiper trois bateaux montés par desfoldats de marine & des matelots. J’y montai avecMM. Banks, Solander &Tupia, nous nous avançâmesvers la côte ; environ cinquante Indiens paroiffoientattendre que nous defcendifîions ; ils étoient aflis furle bord oppofé de la rivière , ce qui nous parut unligne de crainte. Je débarquai d’abord accompagnéfeulement de MM. Banks , Solander & Tupia , & nousmarchâmes vers les Indiens. Dès que nous eûmes faitquelques pas, ils fe levèrent tous avec vivacité, ayantchacun pour arme, ou une longue pique, ou uninftru-ment de talc verd, très-bien poli, d’environ un pied delong & allez épais pour pefer quatre ou cinq livres. Tupialeur parla dans la langue d '’Otahiti , mais ils ne luirépondirent qu’en agitant leurs armes & en nous faifantligne de nous éloigner. Nous tirâmes alors un coupde fufil à quelque diftance d’eux ; la baie tomba dansla rivière , qui étoit encore entre nous. Ils s’en apper-çurent & cefsèrent leurs menaces ; mais la prudencenous engagea à nous retirer jufqu’à ce que les foldatsde marine fuflènt débarqués , ce qui fe fit fur lechamp. Ils marchèrent, ayant à leur tête un drapeaudéployé, jufqu’à environ cinquante verges de la rivière.Après les avoir rangés en bataille , je m’avançai denouveau vers les Indiens, accompagné de MM- Banks s
Solander