du Capitaine Cook. 47
fécond coup de fufil fur leurs têtes ; mais loin d’enêtre effrayés, l’un d’eux leva fa pique pour la lancerfur le bateau ; alors un troifième coup de Fufîl l’éten-dit mort' fur la place. Ses trois compagnons , en levoyant tomber, relièrent quelques minutes fans mou-vement , comme s’ils euffent été pétrifiés ; ils repri-rent bientôt leurs fens & fe mirent à retourner furleurs pas en traînant avec eux le corps de leur cama-rade ; mais ils furent obligés de l’abandonner bientôtaprès , afin de ne pas rallentir leur fuite.
Au bruit du premier coup de fufil, nous nous raf-femblâmes , car nous nous étions un peu écartés lesuns des autres. Nous marchâmes vers le bateau , &traverfant la rivière, nous vîmes bientôt l’Indien éten-du mort fur la terre. En examinant le corps noustrouvâmes que la baie lui avoit percé le cœur. C’é-toit un homme d’une ftature moyenne; il avoit le teinbrun fans être trop foncé, & un des côtés de fon vi-lâge étoit peint en lignes fpirales très-réguliérementdellinécs. Il étoit vêtu d’une belle étoffe , fabriquéed’une maniète qui nous étoit inconnue , & arrangéeexadement comme la figure qu’on trouve dans la re-lation du Voyage d’Abel Tafmari , par Valentin,t. 3. fcconde part. pag. <;o. Ses cheveux étoient auffinoués fur le font met de la tête, mais fans aucun orne-ment de plumes. Nous prîmes le parti de retourner furle champ au vaiffeau, d’où nous entendîmes les habitans,qui étoient revenus fur le rivage, parler avec beaucoupde chaleur & de force, vraifemblablement de ce quivenoit de fe paffer & de ce qu’il y avoit à faire.
Ann. 1769.Octobre.