du Capitaine Cook. 33
miers ; ils fe préparèrent a débarquer & coururentvers la cote , tandis qu’une pirogue fe détacha durivage pour venir h leur rencontre. Le bateau celTade ramer , dès qu’elle s’approcha de lui , nos gensappelèrent les ïnd’ens, leur dirent qu’ils étoient amis,& que s’ils vouloient venir à bord , on leur donne-roit des clous , qu’on leur montroit pour les attirer.Les Indiens héfitèrent pendant quelque tems ; enfinils s’avancèrent fous la poupe du bateau , & reçurentavec un air de fatisfaéfion les clous qu’on leur offrit.Mais, en moins d’une minute, ils parurent avoir for-mé le defl'ein d’aborder notre petit bâtiment & des’en emparer. Trois d’entr’eux fautèrent dedans tout-à-coup , & les autres voulant fuivre leurs compatrio-tes , rapprochèrent la pirogue que le mouvementdu premier en fautant avoit un peu chalîée en ar-rière. Le premier qui entra dans le bateau fe trouvaprès de M. Banks, & lui arracha une poire à poudrede fa poche. M. Banks le faifit , & lui reprit avecpeine ce qu’il venoit de voler; il lui mit les mains furla poitrine pour le jetter dans la mer , mais l’Indienétoit trop fort & conferva fon pofte. L’Officier vouluttirer fon fufil, mais l’amorce ne prit pas , il ordonnaalors à quelques-uns de fes gens de faire feu par-deffiisla tête des affaillans, qui fautèrent dans 1 eau dès qu’ilsentendirent les deux premiers coups ; un de nosmatelots par foiblefle ou par cruauté , ou par l’un& l’autre fentiment , ajufta un des nageurs & luitira un troifième coup de fufil , dont la balle lui ef-fleura le front ; heureufement la blefîure ne fut queTome III . E
Ann. 1769*Août.