du Capitaine Cook. 31
expliquées plus haut, je ne penfai pas devoir l’exami-ner. Cette Ifle fe fait remarquer par une haute mon-tagne efcarpée , qui paroit prefque perpendiculaire& fe termine au fommet en deux pics , dont l’un eftplus élevé que l’autre.
S1 l’on en excepte les côtes de la mer , la terreà'Ulictea & d 'Otaha eft montagneufe , entrecoupée &irrégulière ; cependant les montagnes nous parurentvertes & agréables, & en plufieurs endroits couvertesde bois. Nous avons expliqué dans le cours de cettenarration , en quoi ces Ifles & leurs Habitans differentde ce que nous avions obfervé à Otahiti.
Nous continuâmes notre chemin fans qu’il nousarrivât rien de remarquable , jufqu’au 13 fur le midi,où nous vîmes terre au S. E. ; & Tupia nousdit que c’étoit une Ifle appellée Ohetcroa. Vers lesfix heures du foir nous en étions à deux ou troislieues , fur quoi je fis petites voiles & louvoyai toutela nuit ; le lendemain matin je naviguai vers la terre.Nous courûmes fous le vent de l’Ifle, en longeant lacôte de près , & nous vîmes fur le rivage quelquesNaturels du pays , qui n’étoient pourtant pas en grandnombre : à neuf heures j’envoyai M. Gore, un de mesLieutenans , avec la pinaffe , pour tâcher de débar-quer dans l’Ifle & de découvrir s’il y avoit un mouil-lage dans la baie que nous appercevions alors , &pour lavoir en outre quelle terre giloit un peu plusloin au Sud. MM. Banks & Soiander accompagnè-rent M. Gore dans cette expédition ; & comme ilspenfèrent que Tupia pouvoit leur être utile , ils l’em-menèrent avec eux.
Ann. 1769Août.
Oheteroa.