du Capitaine Cook. 19
marée, les flots ayant foulevé le vaifleau au-deflus de fonancre qui fe détacha de lui-même, nous le fîmes touer Ann. 1769.facilement dans un bon mouillage, & nous l’amarrâ-mes par 28 brafles, fond de fable. Sur ces entrefaitesplufieurs des naturels du pays s’approchèrent de nousavec des cochons, des volailles & des fruits du planequ’ils échangèrent à très-bas prix.
Dès que le vaifleau fut en sûreté , j’allai chercherâ terre un lieu convenable pour y faire du left & del’eau, & j’eus bientôt trouvé l’un & l’autre.
MM. Banks & Solander pafsèrent cette journée kterre, & ils furent fort contents des Naturels du pays quifembloient tous les craindre & les refpe&er, & avoircependant pour eux la plus grande confiance; les In-fulaires fe comportoient comme s’ils euflent fenti queces deux étrangers avoient en même-tems les moyensde leur caufer du mal & l’intention de n’en pas faireufage. Les hommes, les femmes & les enfans fe raf-fembloient autour d’eux , & les fuivoient par-tout où ilsalloient. Loin que perfonne leur fît des mal-honnêtetés,lorfqu’ils rencontroient dans leur chemin des maresd’eau ou de boue ; ces Indiens fe difputoient à quiles porteroit fur leur dos. On les conduifit dans lesmaifons des principaux perfonnages , & ils furentreçus d’une manière tout-k-fait nouvelle ; le peuplequi les fuivoit, couroit en avant dès qu’ils approchoientde l’habitation, en laiflant cependant une efpace fuf-fifant pour leur pafîage. Quand ils entroient, ils trou-voient les Indiens qui les avoient précédés, rangés enhaie de chaque côté d’une longue natte étendue fur la
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