io Voyage
:r±^i±T--r; leurs. Nous en furprîmes un en flagrant-délit : lorf-qu’il fut fltifi par les cheveux , fcs compatriotes, au lieude s’enfuir comme auroient fait les Otahitiens, fe raf-femblèrent autour du filou , & demandèrent en quoi ilnous avoit infultés : il ne faut pas chercher dans leurcourage naturel la raifon de ce fait; l’expérience ne leuravoit point encore appris les fuites du refî’entimentdes Européens, & les Otahitiens au contraire avoientdans plufieurs cas payé cés fautes de leur vie : nousdevons cependant convenir à leur honneur , que Iorf-qu’ils furent ce qui étoit arrivé , ils défapprouvèrenthautement l'aéiion du voleur , & le condamnèrent àune baftonade qu’il fubit fur le champ.
Uiktea. Nous fîmes voile enfuite pour l’Ifle d’ Ulictea , quigît au S. O. a O. , à environ fept ou huit lieues d 'Hua-heine ; & à fix heures & demie du foir nous étions àtrois lieues du rivage , fur la côte orientale. Nous lou-voyâmes toute la nuit, & à la pointe du jour du len-demain 10 , nous gouvernâmes vers la côte ; nous ap-perçûmes bientôt après une ouverture dans le récif,qui efl: fitué devant l’Ifle , & Tupia nous dit qu’il yavoit en dedans un bon havre: je ne le crus pourtantpas fur fa parole , mais j’envoyai le maître dans lapinaffe pour l’examiner ; il fit dans peu fignal au Vaif-feau de le fuivre, en conféquence nous entrâmes dansle havre , & nous mîmes à l’ancre par vingt-deuxbraffes , fond mou.
Les Naturels du pays nous abordèrent bientôt fur•deux pirogues , dont chacune portoit une femme & uncochon : nous crûmes que les Infuîaires vouloient nous