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nation, qui pourrait se laisser pervertir par d’im-posantes autorités. Il faut donc réprimer dans lepeintre chrétien l’engouement pour l’antique, etmême la reproduction des types et des motifsempruntés aux gravures tant Allemandes qu’ita-liennes, qui n’ont fait que mettre la confusionpartout, et détruire toute espèce d’originalité (i).« Pour moi, dit Lomazzo dans sa phraséologie«presque platonicienne, j’admirerai toujours« celui qui, suivant la méthode pratiquée par les« grands peintres, cherchera d’abord à voir dans« Vidée ce qu’il veut représenter sur la toile ( 2 ); »ce qui l’amène, par une conséquence naturelle, àproscrire l’éclectisme et toute espèce d’ouvrageentrepris sans inspiration.
L’application de ce précepte devenait surtoutimportante pour l’étude et la représentation descaractères , branche de l’art cultivée avec tant deprédilection et de succès dans les beaux siècles (3),mais alors si misérablement déchue, depuis queles modèles manquaient aux artistes, encore plusque les artistes ne manquaient aux modèles. En
(I) Nè per altro stimo io che l’opéré de^li antichi (ossero cosimuravigliose ed eccellenti. TraUato déliapittura, lib. G, cap. 6i.
■'2) Ibid., lib. G, cap. 3.
( I) Il faut lire lout le chapitre intitulé : Délia forma degli Eroi,dei Sanli, e dei Filosofi , où l’auteur passe en revue, en les carac-térisant, la plupart des héros anciens et modernes. Lib. 7, cap. 2a.