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2 (1861)
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lart chrétien.

muette, à cette époque de décadence et de terreur.

Il fit plus encore. Dans le premier cloître de Saint-Marc, cest-à-dire dans la partie du couvent la plusaccessible aux regards des curieux, il osa peindrelimage de celui dont le souvenir était plus vivantque partout ailleurs, et les spectateurs hostiles oubienveillants purent reconnaître le profil de Savo-narole dans la figure de saint Autonin, dont lhis-toire y est tracée avec assez de verve pour accuserla double inspiration du sujet et du lieu. On sé-tonne quune telle audace de lartiste ou des moinessoit restée impunie et quun pouvoir habitué à vio-ler tous les asiles, et particulièrement celui-, selaissât ainsi braver par une peinture murale. Quoiquil en soit, ce mode de consécration a échappéplus heureusement que les autres à toutes les me-sures inquisitoriales, et il y a bientôt trois sièclesque cet hommage dun pieux pinceau continue deproduire son effet sur tous ceux qui en connaissentlorigine et la signification. Et il ne faut pas croireque ce nom ou ce souvenir ait fini par mourir,comme un écho lointain, en saffaiblissant dâge enâge. Non, le culte du martyr dominicain se perpé-tua, de génération en génération, non-seulementparmi les moines qui respiraient le même air et sa-genouillaient sur les mêmes dalles, mais aussi dansles familles florentines, cpii avaient lintelligencedes véritables gloires nationales. Cette fidélité seconserva jusque sous la domination étrangère, etnous savons que, dans les premières années du