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l\vut chrétien.
lui donner de l’unité comme à un poème drama-tique, il avait placé, au commencement et à la fin,en guise de prologue et d’épilogue, deux peinturessymboliques dont le sens paraît d’abord obscur àceux qui ne sont pas familiarisés avec l’Écrituresainte; mais on ne tarde pas à y entrevoir les com-binaisons les plus ingénieuses, surtout dans ce quiformait la partie inférieure de la composition, où lechandelier aux sept branches sert de support auxtextes de l’Ancien et du Nouveau Testament, qui serapportent aux sept sacrements. On voit que le pein-tre aurait pu exploiter le côté symbolique de sonart avec non moins de succès que le côté mysti-que (i).
Un fait bien remarquable dans l’histoire de cetartiste incomparable, c’est l’influence qu’il a exercéesur son biographe Vasari, qui vivait dans un siècleoù l’enthousiasme pour les peintures mystiques étaitbien affaibli, et qui néanmoins, dans le compte qu’ila rendu de celles de Fra Angelico, semble s’ètredégagé de tous les préjugés contemporains pourcélébrer, avec l’accent de l’admiration la mieuxsentie, et les sublimes vertus qui embellirent sonâme et les merveilles sans nombre qui sortirentde son pinceau. Dans la ferveur de sa conversion
(1) Je connais un tableau ravissant, à la fois mystique et symbo-lique, représentant saint Thomas d’Aquin dans une espèce d’extase,pendant que deux anges lui ceignent la ceinture de chasteté. Ce pe-tit chef-d’œuvre de Fra Angelico se trouve au château de Danby,dans la partie septentrionale du comté d’York.