ÉCOLE MYSTIQUE.
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prosterner en esprit: devant la crèche du Sauveur, areprésenté l’adoration des Mages avec une suavitéde pinceau qui n’a jamais été surpassée ni par luini par d’autres. Au-dessous, sont plusieurs bustes desaintes, presque toutes vierges martyres, dessinéesavec tant de grâce et de finesse, qn’i! serait difficilede trouver quelque chose d’aussi pur et d’aussi vir-ginal dans les miniatures les plus parfaites duxv 8 siècle.
Le second reliquaire, en forme de tabernacle,avec la Vierge au milieu, entourée d’un chœurd’anges, est presque aussi admirable que le premieret également exempt de tonte retouche, ce qu’on nesaurait affirmer du troisième, à moins qu’on n’ad-mette qn’il a été peint en partie par Fra Beneclettosur les dessins de son frère.
Ces reliquaires, qui étaient primitivement aunombre de quatre, servaient d’aliment quotidien àla dévotion d’un moine très-pieux et très-taciturne,qui s’appelait Frère Jean Masio, et qui eut l’idée dedoubler la valeur, même ascétique de ses trésors,en les faisant orner de peintures non moins sancti-fiantes que l’invocation des martyrs dont il possé-dait les reliques (i).
Après les Dominicains de Santa-Maria-Novella,
(t) Voir l’excellent ouvrage du P. Marchese sur les artistes Do-minicains, vol. I, p. 305. On y trouve que Frère Jean Masio mouruten 1430, avant que Fra Angelico eût passé du couvent de Fiesoledans celui de Saint-Marc, ce qui permet d’assigner une date approxi-mative à ces miniatures.