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I.’aUT CHRÉTIEN.
sentent des corbeilles de fleurs?C’est une scène dontl’artiste a voulu bannir tout pressentiment doulou-reux; la Mère, tout entière aux joies de la mater-nité, sourit doucementà son divin Fils, qui tient unerose à la main, et le gazon, sous leurs pieds, sembles’être paré d’arbustes fleuris.Tout, jusqu’aux moin-dres détails, porte l’empreinte d’une imaginationvraiment angélique.
L’artiste ne fut pas moins heureusement inspirédans les travaux qu’il exécuta pour l’église de Saint-Dominique de Cortone. On peut encore voir, sur lafaçade extérieure, les débris d’une fresque représen-tant la Vierge avec l’Enfant-Jésus, entre saint Domi-nique et saint Pierre Martyr. Dans l’intérieur, outreles quatre évangélistes de la voûte, qui sont très-bienconservés, il peignit deux grands tableaux, dontl’un est, pour l’ensemble de la composition et mêmepour certains détails, la reproduction de celui dePérouse. C’est à peu près la même distribution, c’estle même type de Vierge, le même Enfant-Jésus avecsa fleur à la main, les mêmes anges avec leurs cor-beilles, les mêmes roses rouges et blanches, éclosesau pied du trône; mais ici le sujet du gradin estla glorification de Saint-Dominique, ce qui expliqueles efforts .que fit Fra Angelico pour s’y surpasserlui-même, et l’on est obligé d’avouer que ses effortslurent couronnés du succès le plus complet, non-seulement en ce qui concerne la légende du saint,et dans tout ce qui tenait à la partie mystique et poé-tique de son sujet, mais aussi pour la beauté du
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