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s’offrir au bienheureux Jean de Donienici. Maisbientôt il fallut quitter et cet ami et la riante collinede Fiesoie, par suite de l’obstination des Florentinsà protéger l’anti-pape contre Grégoire XII, en quiles Dominicains persistaient à voir leur légitime sou-verain spirituel. Ils résolurent donc de se soustraire,par un exil volontaire, à la persécution dont on lesmenaçait, et cette résolution produisit des résul-tats tellement magnifiques, qu’on est presque tentéde savoir gré aux persécuteurs qui la rendirent né-cessaire.
En effet, la colonie fugitive s’achemina vers l’Om-brie, et Fra Angelico put faire un second apprentis-sage, bien autrement décisif que le premier. Aprèsun séjour de quatre ans chez les Dominicains deFoligno, lui et ses compagnons se retirèrent à Cor-tone, dans le couvent qui avait été le berceau de laréforme entreprise par leur maître, et qui réalisait,mieux qu’aucun autre, l’idéal ascétique dont ilsétaient unanimement préoccupés. C’était, pour ainsidire, en vue du sanctuaire d’Assise, but de pèleri-nage et source d’inspirations pour les peintres duxiv e siècle, dont les oeuvres y étaient alors dans touteleur fraîcheur. Entre tant de merveilles, il est facilede conjecturer quelles furent celles qui excitèrenten lui les émotions les plus sympathiques. Ce du-rent être, avant tout, les fresques de Stefano, au-jourd’hui complètement détruites, puis celles duSiennois Simone et de son élève Frate Martino, au-teur de ce charmant Couronnement de la Vierge,