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2 (1861)
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LA RENAISSANCE ET IA PAPAUTE.

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qu’il avait droit d’attendre d’un tel patron, ne luimanqua, et même l’on serait presque tenté de re-gretter le trop parfait accord qui existait entre eux,et qui leur fit trop souvent sacrifier la solidité à larapidité de l’exécution. Le pape et l’architecte étaientà peu près du même âge, c’est-à-dire qu’ils avaientprès de soixante-dix ans, ce qui les obligeait à sehâter, s’ils ne voulaient pas que leur oeuvre com-mune fût compromise par les incertitudes insépa-rables d’un nouveau règne. Voilà d’où vient laprécipitation, je dirais presque la brutalité, aveclaquelle on fit disparaître tout ce qui faisait obstacleà la nouvelle construction, et particulièrement lestombeaux qui étaient rangés le long des nefs laté-rales de l’ancienne basilique, et dont la translationdans l’église souterraine ne put s’opérer qu’au prixde dilapidations irréparables, cpii atteignirent sur-tout les peintures et les mosaïques, ainsi que lessculptures les plus délicates.

Mais nul ne savait mieux que Bramante se fairetout pardonner. Favori du Saint-Père et de la courpontificale, il n’avait jamais abusé de son crédit quecontre lui-même, et l’usage qu’il en fit en faveur deson compatriote Raphaël est un de ses plus beauxtitres de gloire. La bonté de son cœur égalait l’élé-vation de son génie, et c’était sur ces deux basesqu’était fondée son immense popularité. Son genrede vie se ressentait naturellement de ses grandespréoccupations, et à force de se familiariser avecdes choses magnifiques, il avait contracté l’habitude