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2 (1861)
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LA RENAISSANCE ET LA PAPAUTÉ.

réforme, ni son approbation non écpiivoque de latentative téméraire de Savonarole. Avec son humeurimpétueuse et sa volonté de fer, il n’y avait pasd’obstacle qui pût l’arrêter dans sa marche , etcomme ses mœurs étaient, depuis longtemps, àl’abri de tout soupçon, il se trouva les mains libreset les bras forts, pour entreprendre beaucoup dechoses où ses prédécesseurs immédiats auraient né-cessairement échoué.

Les qualités énergiques qui distinguèrent Jules IIétaient un héritage de son oncle Sixte IV; mais dansce dernier, elles se trouvaient avec moins de con-sistance, et surtout avec moins de suite. Une dif-férence analogue se remarque dans les dispositionsesthétiques de l’un et de l’autre. Tous deux avaientle goût des arts, on pourrait presque dire qu’ils enavaient la passion ; mais celle de Sixte IV s’étendaità un plus grand nombre d’objets à la fois, et laquantité des produits n’était pas moins nécessaireque leur qualité pour le satisfaire. Jules II, depuissa promotion à la dignité de cardinal, avait exercéet mûri ses facultés, comme s’il avait eu le pressen-timent des merveilles qui devaient bientôt s’offrir àson appréciation, et les beaux génies qui devaientélever l’art chrétien à sa plus haute puissance avaientsemblé attendre son avènement pour éblouir lesyeux et subjuguer les imaginations. Jamais une lu-mière si splendide n’avait encore lui sur la chré-tienté, je dirais presque sur le monde. Ni Auguste,entouré des artistes qui l’aidèrent à changer la Rome