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2 (1861)
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125
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LA RENAISSANCE ET LA PAPAUTÉ. 125

visites aux différentes basiliques, et même y substi-tuer des aumônes, sous prétexte qu’on méditait tou-jours la guerre contre les Turcs ! Et, pour mieuxtromper les fidèles, on faisait prêcher cette préten-due croisade par les moines les plus pauvres et lesmieux accueillis qu’il y eût alors dans l’Europechrétienne, par les Franciscains de l’Observance.

Mais toutes ces amorces restèrent à peu près sanseffet, et ce jubilé ne servit qu’à prouver une chose,c’est que les pèlerins avaient oublié le chemin deRome. Le jour où Alexandre VI alla visiter à chevalles quatre basiliques, au milieu d’un brillant cor-tège de cardinaux, de seigneurs et même de guer-riers, il put bien exciter la curiosité publique, maisil n’édifia personne. Pas un souverain étranger nefigura dans son cortège, pas un réfugié grec pour re-présenter sa patrie, pas une canonisation populaire,pas un élan d’enthousiasme pour quoi que ce fût.Pour ceux cpii comprenaient les signes du temps,ce jubilé ne pouvait être qu’une cérémonie funèbre,et, en combinant le sentiment des maux présentsavec les prévisions des maux futurs, on aurait puappliquer à la ville de saint Pierre les paroles quele prophète Jérémie appliquait à Jérusalem : O vosomîtes, qui transitis per viam , attendite , et videte siest dolor sicut dolor meus.

La réaction qui suivit la mort d’Alexandre VI estun des exemples les plus consolants qu’offre l’his-toire de la papauté. Le Sacré Collège regorgeait,pour ainsi dire, de cardinaux Espagnols qu’on y