INTRODUCTION.
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saint George a toujours été en raison directe de l’hé-roïsme des races ou des dispositions chevaleresques desdynasties. Il paraît que les rois normands furent les pre-miers à inaugurer ce nouvel idéal, et nous avons lapreuve et la date de cette inauguration dans les actesdu concile d’Oxford (1222), où il fut décidé que ce che-valier-martyr aurait aussi son jour de commémorationannuelle, et que ce jour serait une fête nationale pourtoute l’Angleterre. Puis quand vint, dans le siècle sui-vant, la décadence des caractères et des mœurs, et quel’idéal chevaleresque, terni de plus en plus dans lesimaginations et dans les livres, eut besoin pour se con-server ou pour se régénérer d’une institution spécialequi recueillerait et transmettrait ce qui restait de cethéritage, ce fut sous la protection du même saint quefut placée cette institution qui s’appela l’ordre de Saint-George, et qui par suite d’une révolution religieusehostile à l’idéal sous toutes ses formes, devait s’appelerun jour l’ordre de la Jarretière !
Il serait curieux d’étudier, à ce point de vue, l’his-toire des divers ordres de chevalerie auxquels celui-làservit de modèle, et qui reposent tous, souvent mêmeà l’insu de leurs fondateurs, sur lanotion plus ou moinsaltérée de l’idéal chevaleresque ; mais cette étude meferait franchir les limites chronologiques qui me sontimposées par mon sujet ; je me contente donc de lais-ser entrevoir à mon lecteur, dans une perspectivelointaine, cette intéressante digression, et, après avoirmontré comment les nations germaniques ont accom-