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6 (1740) Lettres M - O
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OYE. OYS. O Y T. OZA.

la Livadie en Grèce fur le Golfe de Patras. Enfuite ayant deman-dé l’Elide pour récompenfe de fes fer vices, les Doriens convin-rent de la lui céder. Il y en a, ajoute Paufanias, qui ont ditqu'il appréhenda que les fils d’Ariltomaque, s’ils voyoientune foisl'Élide, ne vouluifent la garder, à cauie de la beauté &. de labonté de ce pais, & 411e ce fut par cette raiion qu il mena lesDoriens ■au Péloponnéle par l’Arcadie i non par 1 islide. Quoi-qu’il en foit lorsqu il crue pouvoir s’en rendre martre lans com-bat, il fe trompa; car Dius. qui' en étoit le pollèffeur., ne jugeapas à propos dp la lui abandonner. Cependant au lieu d expo-ler toutes, leurs .forces aiix rifques d un combat, ils convinrentde choiiir un iitolie.n & 1411 Ëléen qui, par un combat fingulier,terminaffent la querelle des deux Princes. Degmenus iut.choilide la part des.FJLéens, & Pyrechmès, Frondeur, de la part desEtoliens. Pyrechmès remporta la viftoire, & üxylus lut aufli-tiit reconnu K.01. il épargna les anciens Elécns qui. en furentquittes pour recevoir les Etoliens, & pour partager leurs terresavec eux. Enfuite, dit Paufanias, il rendit à Jupiter le cultepreferit par les ioix ; il le rendit même à tous les Héros du paisde qui.la mémoire étoit en vénération, & particuliérement à Au-gée, en l’honneur de qui il inftitua des cérémonies qui fe prati-quoient encore au teins de Paufanias. On dit qu’ayant attirédans fa. capitale un grand nombre d’hommes qui demeuroientdans les villages circonvilîns, il aggrandit Elis, & en ht uneville, très-floritlante, & très-peuplée. Un jour qu’il confultoitl’Oracle de Delphes, le prétendu Dieu lui ordonna de choifir unDefcendant de Pélops, & de l’affocier ,à l’Empire. Oxylusjettales yeux fur Agorius, fils de Damofius, petit-fils de Penthile, &arriére-petit-fils d’Orefte. Il le lit venir d’Elice , ville d’Achaïe ,avec un petit nombre d’Achéens choifis, & il lui donna part augouvernement. La femme d’Oxylus fe nommoit, dit-on , Pei-na ; cett tout ce qüe l’on en fait. 11 en eut deux (ils, Etolus &Laïas. Etolus mourut jeune, & fut inhumé fous la porte de laville par où l’on fortoit pour aller au temple de Jupiter à Olym-pie. On Lui éleva un tombeau dans cet endroit à caufe d’un O-racle qui avbit ordonné qu’on ne l’enterrât ni au dedans, ni audehors de la ville. Oxylus étant mort, la Couronne paffa doncà foniils Laïas. * Paufanias, in Eliacis , partie 1. ou t. 5.^

,. O Y E. O Y S. O Y T.

O YE, en Latin Ànfer, oifeau domeftique & fauvage, quiétoit fort, eltimé parmi les Romains, parce que le,Capitoleétant affailli par les Gaulois, les oyes par leurs cris avoient ré-veillé les Soldats Romains qui le defçndoient, pendant que leschiens qui :devpient, être au guet, n’avoîent point .abboyé. Onen nourriffoit dans le temple de Junon, & les Cenfeurs en en-trant en charge, pourvoyoient à leur nourriture. On eéiébroitmême tous les.ans à Rome une Fête, dans laquelle on portoit encérémonie la Ijatue d’une oye d’argent fur un brancard orné deriches tapis, avec un chien pendu;, afin dé donner au publie unfpeftacle de la punition que méritoient les chiens du Capitole,qui n’avoient point abboyé. -

* O Y E, bourg & Comté de France en Picardie, dans le païsReconquis, étoit autrefois des Terres de l’Abbaïe de Sithieu.Philippe le Hardi l’ayant acheté, il eflrefté uni à la Couronne.Les Anglois. : l’ont polfédé pendant qu’ils étoient maîtres de Ca-lais , mais ce bourg elt revenu à la Couronne avec cette ville.11 elt à l’eft de Calais, dont il elt. éloigné d'environ deux lieues.

■* OYE,- Barpnnie de France dans le Duché de Bourgogne.Elle elt, félon la Carte de Bourgogne par Sanfon, dans le Com-,té de Charolojs au fqd de Charolles, dont elle elt éloignée d’en-viron trois lieues.

* O Y E N., Seigneurie des Païs-Bas dans la Haute Gueldre,près de la rive droite de la Meufe, au nord-nord-ouelt de Ven-loo , dont.elle elt éloignée de quatre à cinq lieues.

O Y E N D (Saint) en Latin Ogendus ou Eugendus, Abbé dumonaltére de Condat, au diocéfe de Lyon, dans le Mont-Jouy,nommé à préfent" Saint-Claude. Ses païens l’offrirent l’an 45b,âgé de fept ans, à faint Romain, premier Abbé de ce monaltére.Depuis ce jour-là il ne fortit plus du monaltére, & en fut éluAbbé après Lupicin, fucceffeur de faint Romain. 11 mourut versl’an 510. On fait la Fête de faint Oyend au premier de janvier.* Baillet, Vies des Saints, mois de janvier. •

O Y S E. Voyez OISE. F

O Y S E L (Jacques) a publié l’an 1 666 , de$ Commentairesavec des corrections affez dtimées far Aul u-GelIe, conjointementavec ceux de Thyfius , qui avoit commenté çét Ouvrage. *Baillet, Jugemens des Savans, fÿc. tome 2.. partie 2. p. 338. n.560. édit. d’Amlterdam 1725. .. h •

O Y T A. Cherchez E U T A. . a-- .......

OZA. OZE. OZI. OZM. OZU. OZW.

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O ZA ou II U Z A , Lévite, (ils d’Aminadab , conîïuifoit lechariot oit David avoit fait pofer l’Arche, l’an ippordu mon-de , & 104s avant Jefus-Chrilt, lorsque ce Prince la fit trtmfpor- îter de la maifon du même Aminadab à Silo. Oza voyant qnç. 'l’Arche étoit en danger de tomber, la retint avec la main, &tomba mort à l’inftant, en punition'de fa témérité & de fon in-diferetion. On mit l’Arche dans la maifon d’Obed-Edom. * II.Samuel ou II. Rois, ch. 6 . v. 6 . 7 8. Voyez auflî A H I O.

O Z A C A, grande ville du Japon, dans le païs deQuiooouQuiloo, conquife par Nabonanga, fur un Bonzi, qui s’en étoitfait Roi, fut aggrandie de la moitié, & embellie par Tayco Sa-ma, qui y lit bâtir un Palais magnifique. Fedeiory, fils & fuc-ceffeur de ce Prince, y tint fa Cour, en 1615. Il y fut attaquépar Cubo-Sama IV , qui de fon Tuteur, & de Régent de l’Em-pire pendant fon bas âge, en étoit devenu le Tyran. II s’y don-

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na une grande bataille au pié de cette grande ville, pendant la-quelle le Palais impérial ayant paru en feu, le Prince y courut,èi ne parut plus depuis. Son armée perdit courage, ne l’ayantplus à 1a tête, & la victoire demeura avec l’Empire à l’Ufurpa-teur. La ville d’Ozaca n’a ni murailles ni remparts, ce qui eltcommun aux villes de ce grand Empire, il y a un château hâtïdans la mer, & entouré de fortes murailles, avec quantité depièces de canon de fonte à fleur d’eau, pour la déferçle du Ha-vre. L’Empereur Xogunlama avoit commencé à faire travaillerà cette forcereffe, &Toicogunfama , fon fils, qui lui fuccéda en1629, la ht achever en trois ans. Entre la maifon du Gouver-neur & le château elt le temple des Diables, où les Japonnoisvont adorer une affreufe idole, qui a fur la tête une couronnefort riche, & pleine de diamans. Ces Diables portent le nomde Joosje Tiedehayk, & les Japonnois leur font toutes fortes d’of-frandes,. afin d’empêcher qu’ils ne leur nuifent. Il y a près d’O-zaca une montagne , où les Japonnois vont tous les ans fe con-feffer au Diable, qu’ils nomment Goquis. Ils dilent, qu'il leurapparoît en forme humaine, & que le Confeffeur & le Pénitentfe mettent un peu à l’écart, en forte pourtant que la multitudeentend la Confelfion. Pendant la cérémonie on voit en l’air iin labredont les méchans font épouvantez. La Confellion qui elt enten-due de tout le monde, fait rire les uns & pleurer les autres.Ceux qui ne cachent aucun péché & qui. en font voir de la dou-leur, font renvoyez en paix, mais ceux qui déguifent ou qui cè-lent quelque chofe, font précipitez fans rémilfion du haut de lamontagne. * Hijioire du Japon. Bartoli Ajia. Amuajjade desHollamiois au Japon. Th. Corneille, Dict. Géogi.

O Z A M A, rivière principale de l’ifle Hifpaniola. Elle por-te de grands, vaiffeaux, qui entrant par fon emboûcbure ,-vontfe décharger à la ville de San-Domingo, le long de laquelle on lavoit couler. L’eau n’en elt ni douce ni bonne à boire qu’au del’-fus de cette ville, où elle ahonde en poiffon, qui eft fort bon»* Laët, Defcript. des Indes Occident. I. 1. cb. 5.

OZANAM (Jacques) naquit en 1640, dans la Souverainneté de Dorabes, d’un pire riche, & qui avoit plufiears Ter-res. Sa famille étoit Juive d’origine, mais il y avoit long-temsqu’elle avoit embraffé le Chriflianifme, & qu’elle laifoic profef-lion de la Religion Catholique. Elle étoit même illirftrée parplufieurs charges qu’elle avoit poffédées dans les Parlemens deProvince. Jacques Ozanam, étoit Cadet, & par la loi de fonpaïs, tous les biens dévoient appartenir à rainé.: Son père vou-lut réparer ce defavantage par une excellente éducation. 11 ledeftinoit à l’Eglife, pour faire tomber fur lui quelques petits Bé-néfices, qui dépendoient de la famille, mais il ne fe fentit pasde goût pour l’état eccléfialtique : quelques livres de Mathéma-tiques, qui lui étoient tombez entre les mains, l’avoient déjàdéterminé,, par le plailïr qu’il y avoit trouvé, à fe livrer entière-ment à cette Science. Quoiqu’il n’eût point de Maître, il y fitcependant de lui-même de li grands progrès, qu’à l’âge de 15 ansil compofa un Ouvrage de Mathématique, qui n’a jamais été im-primé, mais où il a trouvé-dans la fuite desebofes dignes d’en-trer dans ceux qu’il a l'ait imprimer. Il étudia pendant quatreans en T.héo.logie, moins par goût que par obéïll'ance, mais fonpère étant mort, il quitta la Cléricature, pour ne plus s’occu-per que des Mathématiques. 11 alla enfuite à Lyon, où il femit à les enfeigner, pour y trouver dequoi fublîfter. Quoiquece fut une reffource affez peu confidérable, Ozanam s’y livra àune paillon qui le pofféda quelque tems, & qui fuffit fouventpour éppifer bientôt les hourfes les mieux garnies; je veux direcelle du jeu. Outre cela, il en ufyit fort généreufement dansl’occafioij. Deux Etrangers, à qui il enièignoit les Mathémati-ques à Lyon, lui ayant parlé du chagrin où ils étoient, de n’a-voir point reçu des lettres de change qu’ils attendoient de leurpaïs , pour aller a Paris, il leur demanda ce qu’il faudroit, & furce qu’ils-dirent cinquante piftoles, il les leur prêtæfur le champ,fans vouloir de billet. Ces Etrangers arrivez à Paris, en firentle récit à feu M. Dagueffeau, père du Chancelier. CeMagiltrattouché d’une action 11 noble, les engagea à faire venir à Paris O-zanam , fur l’affurance qu’il leur donna de le Faire connoître&del’aider de tout fon pouvoir. Ozanam fe détermina donc à quit-ter Lyon ; mais à peine fut-il à Paris que fa mère tomba malade,& fouhaita de le voir: il y courut aufli-tôt, mais il la trouvamorte. Elle avoit eu deffein de le faire fon héritier, mais fonfrère aîné empêcha l’effet de cette bonne volonté. Ozanam re-vint donc à Paris; & n’eut plus aucun commerce avec une famil-le dont il ne tenoit que fon nom. Il fe défit de la paffion du jeu,& les Mathématiques furent fon unique fond. Il étoit jeune, af-fez bien fait, affez gai, quoique Mathématicien: des avantùresde galanterie vinrent le chercher. Une femme qui fe difoit deconditipn, ■& qui logeoit dans la même maifon que lui, tentavivemept, fa vertu. Il lui demanda fi elle n’avoit pas befoin d’ar-gent, eNe en convint, & il en fut quitte pour quelques Louisd’or.' .Cette ava.nture l’engagea à fonger au mariage , & il épou-fa une femme pfefque fans bien, qui i’avoit touché, par fon airdp douceur, de modeftie , & de vertu, & ces .belles apparencesne le trompèrent pas. Il en a eu jufqu a douze enfans, dont laplupart font morts en bas âgé. Dans les tems de paix, où Parisétoit plein d’Etrangers, les Mathématiques lui faifoient un bonrevenu; mais il diminuoit fort pendant la guerre, & les Françoisy fuppléoient peu, parce qu’il les avoit éloignez de lui, en felivrant aux Etrangers. Il employoit ccs tems de repos à compo-fer des Ouvrages. Ses Ouvrages lui coutoient peu, & il lescompofoit avec une extrême facilité, quoique fur des matièresfi difficiles. Sa première façon étoit la dernière, & il ne favoitce que c’étoit que des ratures & des correétions. Quelquefois,en allant par les rues, quelquefois même en dormant, il réfolvoitdes Problèmes embarraffez. A l’âge de 61 ans, c’eft à dire, en1701, il perdit fa femme & avec elle tout le repos & tout lebon-N 3 heur

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