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6 (1740) Lettres M - O
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96 O U G. O V I.

bre, dans lequel il parle très-avantageufement d’Oughtréd, té-moignant qu’il avoit beaucoup profité & dans fa converfation &dans la leéture de fes livres. C’eft M. Wallis, qui a fait en quel-que forte revivre les Ouvrages de cet Auteur. Voici les princi-paux. I. Clavis Matbematkce. Cet Ouvrage avoit d’abord été im-primé en 1631, fous ce titre s Arithmetica in numeris çf J'peciebusinftitutio, &c. Mais enfuite l’Auteur le publia lui même fous letitre dont nous venons de parler, avec les additions fuivantes,Æquationum affeBarum refolutio, ubi multa de Logaritbmorum ufu ,

Eiementi decimi Euclidis declaratio ; De felidis regularibus TraBa-tus ; De Anatocifmo; Régula falji demonjirata; Theorematum Archi-inedis de Sphæra et? Cylindro, Declaratio ; Horologiographica Gttomc-trica. II. Les Cercles de proportion & l'inflrument borifontal. GetOuvrage fut imprimé en Anglois, plutôt par fa connivence qu’a-vec fon approbation. Ce fut un de fes Difciples, qui le tira defon Manufcrit Latin. III. Trigonometria in quarto , qui ne fut ja-mais ni achevé, ni publié par lui même. IV. Opufcula, in quar-to , publiez à Oxford en 1677, contenant neuf Traitez; mais ilsfont pofthumes, pleins de défauts & de fautes. * Voyez l’Algè-bre de M, Wallis, les Lettres qu’il a écrites à Ougbtred.

O UGL IN, bourg, ou petite ville de la Morlaquie, versla fource de la rivière de Dobra, & à cinq lieues de la ville deSegna , vers le nord. On la prend communément pour la petiteville de la Liburnie, qu’on nommoit anciennement Avendo, A-•vendonis, lÿ Verdum. * Maty, DIB. Géogr.

OUGNON L’OUGNON, ou LOUGNON, enLatin Ligna , rivière, qui a fa fource dans les montagnes de Vof-ge, aux confins de la Lorraine, traverfe une partie du Comté deBourgogne, baignant Servance, Monbofon, & quelques autreslieux peu confidérables, & fe décharge dans la Saône, vis à visde Tallenay, à trois lieues au deffous de Gray. * Maty, Diü.Géogr.

OUGÜE'LA, Voyez O G U E L L A.

O V I A K, ville de la Tartarie Crimée, ou Petite Tartarie,fituée dans un païs fertile. C’étoit anciennement une fort belleville, avec un château, que les Mofcovites appellent Sodomt.Ils difent qu’il a été conftruit pour tenir en bride les peuplesmutins de ce païs-là. On y voit plufieurs tombeaux , & les rui-nes de divers bâtimens magnifiques. * Hachluit.

OVIDE, Publius Ovidius Nafo, Poète Latin, naquit à Sul-mone, ville allez confidérable, dans la contrée des Péligniens,fous le confulat deHirtius & de Panfa, l’an 711 de Rome , £43avant Jefus Chrilh 11 le dir lui même, Amor. I. 3. Eleg. 15. v. 8,

Mantua Virgilio gaudet, Verona Catullo ,

Pelignæ dicar gloria gentis ego.

11 étoit d’une famille Equeftre, c’eft à dire, de l’Ordre des Che-valiers; & fut appellé Publius Ovidius Nafo. Etant jeune il por-ta les armes fous Marc Varron, quand il fit le voyage d’Afie,comme il ledit, Trijiiuml. 1. Eleg. 2. v. 78.

Nec peto, quas quondam petii, fludiofus, Atbenas,

Oppida non AJtce , non loca vif a prius.

Dès fon enfance il fe fentit porté à faire des vers; mais fonpère, qui le deftinoit au Barreau, lui fit étudier la Rhétorique,fous Arellius Fufcus. Il s’exerça dans la déclamation, puis s’ap-pliqua fur tout à la Poëfie, dans laquelle il réüflit fi bien, quedans un fiécle très-fécond en beaux Efprits, il tint rang entreles premiers Poètes. On admira à la Cour d’Augufte fa facilitéà faire des vers, la douceur de fes expreflions, & la fubtilité defes penfées. 11 eut beaucoup de part dans l’eftime de l’Empe-reur, qui depuis l’envoya en exil à Tomes, fur le Pont-Euxin.Plufieurs Savans croyent que ce fut pour avoir été l’un des A-mans de Julie, fille d’Augufic, pour laquelle il fit, difent ils,des vers amoureux fous le nom de Corinne; mais Aide Manuceles a réfutez. Il paroît par les Ouvrages d’Ovide, que fa difgra-ce vint de ce qu’il avoit été témoin de quelque aétion fecrette &dangereufe, qui intérefioit la réputation de l’Empereur ou desfiens. Après un banniifement de plus de fept ans, Ovide mou-rut, fous le confulat de Rufus & de Flaccus, c’eft à dire, laquatrième année de l’empire de Tibère, & la dix-feptiéme de Je-fus Chrift, & fut enterré à Tomes, ville fituée au midi des em-boûchurcs du Danube, fur le Pont-Euxin. Gafpard Brufchi, ci-té par Ortélius, Laurent Muller, Glandorpius, & quelques au-tres, aiïurent qu’en 1508 on trouva le tombeau d’Ovide à Saba-ric ou Stain en Autriche, fur la Save, avec cette Epitaphe,

Hic fitus ejl Vates , quem Divi Cœfaris iraAugujli, patria cedere jujfit humo.

Sæpe mifer voluit patriis occumbere terris ,

Sedfruflra: Hune illifata dedere locum.

Ces vers, qui n’ont rien du fiécle d’Augufte, font croire quecette découverte eft une pure fuppofition. On a ajoûté que l’an1540, Ifabelle, Reine de Hongrie, fit voir à Pierre Ange üar-gée, une plume d’argent qu’on avoit trouvée à Belgrade, avecces paroles Ovidii Nafonis calamus. Sénéque confidére Ovidecomme le plus ingénieux de tous les Poètes Latins. Il feroit ce-pendant à fouhaiter qu’il y eut un peu moins de négligence dansfonftyle, plus d’exaftitude dans le choix d’une partie de fes ex-preflions , & plus de folidité dans quelques unes de fes penfees,qui quelquefois n’ont qu’un faux brillant. Les Ouvrages quinous reftent de ce Poète font affez connus; mais nous eh avonsperdu un grand nombre, qui méritent d’être regrettez, comme,les fix derniers livres des Faftes; une Tragédie de Médée, louéepar Tacite & par Quintilien; un livre contre les méchans Poètes;le Poème des louanges d’Augufte; un Traité de la Nature des

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FoiflonS, &c. Il eft inutile de faire le dénombrement des autresOuvrages que le tems a épargnez, parce qu’ils fe trouvent dansla plupart des éditions, dont on dit que celle de Heinfius te Jeuneeft la plus correéte. On fe contentera de rapporter une partiedes jugemens qu’on a faits en particulier fur les principaux de eesOuvrages qui nous reftent.

I. Les Me'tamorphoses d’Ovide font un des plus mémora-bles & des plus ingénieux Ouvrages de toute l’Antiquité. Ellesont été eftimées en tous tems, & traduites dans prefque toutes lesLangues qui ont eu cours parmi les peuples, où l’on a eu foin docultiver les Lettres. 11 femble qu’Ovide ait voulu nous préve-nir lui même, fur l’opinion que nous devons avoir de cet Ou-vrage, & qu’il ait jugé tout d’un coup du prix qu’il auroit dansla fuite des iiécles, lorsqu’il nous aftùre qu’a n’auroit pointd’autre durée que celle de l’éternité,

Jamque opus exegi, quod nec Jovis ira, nec ignés ,

Nec poterit ferrum, nec edax abolere vetujlas.

C’eft le fentiment qu’il en avoit, en finiflant fon quinziémelivre, ii cette conclulion eft de lui; mais quelque bonne opi-nion qu’il femble avoir eue de fes Métamorphofes, lorsqu’il étoitencore dans Ja chaleur de fa compolition, il changea depuis. E-tant dans un âge plus avancé, il ne regarda cet Ouvrage quecomme un Ejjai de jeune (Je, qui auroit befoin d’être retouché.11 jugea même l’Ouvrage fi défectueux & fi peu digne de lui,qu’il voulut le jetter au feu, & le faire perdre fans refiource àla poftérité. Il exécuta en quelque façon ce dellein avant que departir pour fon exil; mais il étoit trop tard, parce que les co-pies de cet Ouvrage s’étoient multipliées, & qu’il y en avoit ungrand nombre entre les mains de fes amis. C’eft un détail qu’ilnous a fait lui même dans fes Elégies. Les Métamorphofes fontvenues jufqu’à nous, malgré la modeftie & la précaution de leurAuteur ; & ii femble que la poftérité n’ait pas été ni fi délicate niil difficile que lui, dans k goût qu’elle y a pris. Leftyle, à lavérité, n’en eft pas fi relevé que celui de fes autres Ouvrages;mais il ne laifle pas d’être exaft. Il y a inféré des difeours &des Lieux Communs avec une adrefle & des agrémens merveil-leux. Ses narrations font autant de chanfons de Sirènes i lanaïveté de fon ftyle, toûjours accompagnée & foutenue des ré-gies de l’Art, renferme dans un cercle fort accompli tout cequ’on peut puifer dans la Fable. Pas un d’entre tous les Poètesn’a traité les plus grands & les plus petits fujets avec plus d’or-nement. 11 fe trouve dans les Métamorphofes un enchaînementmerveilleux des Fables de l’Antiquité. On ne peut que l’onn’admire cette fuite continuelle, fans interruption, & cette liai-fon de tant de chofes différentes, tiflues avec tant d’artifice,depuis le commencement du monde jufqu’à fon tems.

II. Les Fastes font du nombre des Ouvrages qu’Ovide a faitsdans un âge plus avancé : le ftile en eft ailé, doux & naturel.On y remarque beaucoup d’érudition; fur tout de cette érudi-tion que l’on puife dans la plus belle Antiquité. Quoique fa ma-tière ne foit pas toûjours capable de beaucoup d’ornemens, néan-moins il s’y eft fouvent furpaflê lui-même, & il fait donner desagrémens aux fujets les plus ftériles ; mais il feroit à fouhaiterqu’il eût retranché fes diverfes licences & cet air efféminé qu’ildonne quelquefois à ce qu’il dit. Malgré cela les Faftes fontpeut-être l’Ouvrage du meilleur goût & le plus judicieux d’entretous ceux qui font fortis de fes mains.

III . Les Ele'gies. On comprend fous le nom d 'Elégies <ïOvi-de, les quatre livres desTriJles, & les quatre intitulez de Ponte.La douceur & la facilité qu’on y admire par tout, lui a fait méri-ter, au jugement de plufieurs Savans, le premier rang entre tousles Poètes Elégiaques. Ovide lui-même allure qu’il tenoit dansle genre Elégiaque le même rang que Virgile dans le genre Epi-que. Quelques-uns le préfèrent à Properce & à Tibulle dans fesElégies; parce qu’il eft plus naturel, plus touchant & plus paf-fionné, & qu’il a mieux entendu le tour & l’efprit de l’Elégie,que les autres.

IV. Les Epîtres d’Ovide, qu’on appelle Hèroides. Toutes eesEpîtrcs en vers, dont chacune porte le nom de quelque Héroïne,ne font pas toûjours d’Ovide, quoiqu’elles fe trouvent parmi lesTiennes. 11 témoigne luî-même que celles de Pénélope, de Phyl-lis, de Canace, d’Hypfipyle, d’Ariadné, de Phèdre, de Didon,de Sappho, étoient de lui. Jofeph Scaliger y ajoûte celles deBriféïs , d’Oenone , d’Hermione, de Déjanire, de Médée, deLaodamie & d’Hypermneftre. Les autres font, ou d’Aulus Sa-binus, ou poftérieures & fuppofées. Quelques Critiques mo-dernes, (comme Jules Scaliger, le Sieur Rofteau & le Père Ra-pin) prétendent que les Epîtres d’Ovide font inimitables, qu’el-les font ce qu’il y a de plus poli entre tous les Ouvrages de ce

\ Poète, & qu’elles l’emportent fur les Métamorphofes & fur lesFaftes; que fes Héroïdes font ce qu’il y a déplus fleuri dans lesOuvrages purement d’efprit; & que l’on peut appeller fes Epîtresla fleur de l’efprit Romain, quoiqu’elles n’ayent rien de cette ma-turité de jugement, qui eft la fouveraine perfection de Virgile.Le ftile en eft fort pur ; & l’imitation des pallions, aufli bien quel’exprefiion desmouvemens du cœur, y paroiflent d’une telle ma-nière, qu’on voit bien qu’Ovide excclloit en ce genre d’écrire.

V. Les Livres d’Ovide, qui traitent de l 'Amour, ou de l’Artd’aimer. On lit encore aujourd’hui dans les Ouvrages qui nousreftent de ce Poète, ces vers, qui corrompirent la fille d’Augu-fte, & qui mfe&érent la partie la plus floriflante de la Cour dece Prince; & il feroit à. fouhaiter qu’ils ne fuflent point parve-nus jufqu’à nous. Mais quelque dangereux que foient ces vers,on ne peut s’empêcher de louer l’ordre & la méthode des livres del’Art d’aimer & du Remède de l’Amour, la gravité des fentences, &la beauté de la narration. * Ovide, Metamorph. I. 15. v. 871 S*fuiv. Triflium 1. 1. Elegie 6, à la fin. Remédia Arnris , <i h fin.