LIVRE XXI, CHAP. I. 71
presque rien de ce qui vient de cliez nous.Ils vont en grande partie nus ; les vetementsqu'ils 011t, le pays les leur fournit convena-bles; et leur religion, qui a sur eux tant d’em-pire, leur donne de la repugnance pour lesclioses qui nous servent de nourriture. Ilsn’ont donc besoin que de nos metaux, quisont les signes des valeurs, et pour lesquelsils donnenl des marcliandises que leur fruga-lite et la nature de leur pays leur procurenten grande abondance. Les auteurs anciensqui nous ont parle des Indes nous les depei-gnent (i) telles que nous les voyons aujour-d’hui, quant a la police, aux manieres et auxnioeurs. Les Indes ont ete, les Indes seront, cequ’elles sont a present; et, dans tous les temps,ceux qui negocieront aux Indes y porterontde l’argent, et n’en rapporteront pas.
CHAPITRE II.
Des peuples d’Afrique.
L a plupart des peuples des cotes de l’Afriquesont sauvages ou barbares. Je crois que celavient beaucoup de ce que des pays presqueinliabitables separent de petits pays qui peu-vent etre liabites. Ils sont Sans industrie; ilsn’ont point d’arts ; ils ont en abondance desmetaux precieux qu’ils tierinent immediate-
(1) 'VoyezPline, liv. VI, cliap. XIX ; et Strabon,liv. XV.