G6 de l’esprit des L01S.n’examine pas si l’on fait bien de donner ainsiaux ricliesses le prix de la vertu : il y a tel gou-vernement ou cela peut etrc tres utile.
En France, cet etat de la robe qui se trouveentre la grande r,obiesse et le peuple, qui,sans avoir le brillant de celle-la, en a tousles Privileges; cet etat qui laisse les particu-liers dans la mediocrite, tandis que le corpsdepositaire des lois est dans la gloire; cet etatencore dans lequel on n’a de moyen de se dis-tinguer que par la sulfisance et par la vertu;profession honorablc , mais qui en laisse tou-jours voir une plus distinguee: cette noblessetoute guerriere qui pense qu’cn quelque degrede ricliesses que l’on soit il faut faire sa for-tune, mais qu’il est honteux d’augmenter sonbien si on ne conimencepar le dissiper; cettepartie de la nation qui sert toujours avec leCapital de son bien; qui, quand eile est ruinee,donne sa place a un autre qui servira avec sonCapital encore; qui va a ia guerre pour quepersonne n’ose dire qu’elle n’y a pas ete; qui,quand eile ne peut esperer les ricliesses, es-pere les lionneurs, et, lorsqu’elle ne les obfientpas, se console, parcequ’elle aacquis de l’lion-neur: toutes ces clioses ont necessairementcontribue a la grandeur de ce royaume. Et si,depuis deux ou trois siecles, il a augmentesans cesse sa puissance, il laut atlribuer cela älabonte de ses lois, non pas a la fortuue, qnin’a pas ces sortes de constance.