MV RE X, CU AP. III.
*9
rendre ici liommage a nos temps modernes,a la raison presente, a la religion d’aujour-d’lmi, ä notre philosophie, ä nos moeurs.
Les auteurs de notre droit public, fondössur les histoires anciennes, etant sortis des casrigides, sont tombes dans de grandes erreurs.Ils ontdonnedans l’arbitraire; ils ontsupposedans les conquerants un droit, je ne sais cpiel,de tuer : ee qui leur a fait tirer des conse-quences terribles comme le principe, et etablirdes maximes que les conquerants eux-memes,lorsqu’ils ont eu le moindrc sens , n’ont jamaisprises. II est clair que lorsque la conquete estfaite, le conqucrant n’a plus le droit de tuer,puisqu’il n’est plus dans le cas de la defensenaturelle et de sa propre Conservation.
Ce qui les a fait penser ainsi, c’est qu’ils ontcru que le conqucrant avoit le droh de dc-truire la societe : d’oü ils ont eonclu qu’il avoitcelui de detruire les liomines qui la compo-sent; ce qui est nne consequence faussementtiree d’un faux principe. Car, de ce que lasociete seroit aneanlie, il ne s’ensuivroit pasque les bonimes qui la formenl dussentaussietre aneantis. La societe estl’union des bom-mes, et non pas les bonimes; le eitoyen peutperir, et Tbomme rester.
Du droit de tuer dans la conquete les poli-tiques ont lire le droit de reduirc en servitude:mais la consequence est aussi mal fondee cjuele principe.
On n’a droit de reduire en servitude que