LIVRE VIII, CHIP. II. 2/| 5
et par consequen tpour les vieillards. Que si l’onn’a pas du respect pour les vieillards, 011 li’enaura pas non plus pour les peres: les maris nemeritent pas plus de d^ference, ni les maitresplus de soumission. Tout le monde parviendraa aimerce libcrtinage; la gene du commande-ment: fatiguera comme celle de l’obeissance.Les femmes, les enfants, les esclaves , n’au-i'ont de soumission pour personne. II n’y auraplus de moeurs, plus d’amour de l’ordre , en-(in plus de vertu.
On voit, dans le banquet de Xenopbon ,une peinture bien naive d’une republique oiile peuple a abuse de 1 ’egalile. Chaque convivedonne ä son tour la raison pourquoi il est con-tent de lui. « Je suis content de moi, dit Cha-« mides, ä cause demapauvrete. Quand j’elois« riebe , j’etois oblige de faire ma cour aux ca-« lomniateurs, sachantbien quej’etoisplus cn« etat de recevoirdumal d’eux que de leur eit«faire: la republique me demandoit toujours« quelque nouvelle somme : je ne pouvois« m’absenter. Depuis que je suis pauvre , j’ai« acquis de l’autorite; personne ne me menace,«je menace les autres ; je puis m’en aller ou« rester; dejalcsriclies se levent deleursplaces« et me cedent le pas. Je suis un roi, j’etois es-« clave; je payois un tribut a la republique ,« aujourd’hui eile me nourrit; je ne crains plus« de perdre , j’espere d’aequerir. »
Le peuple lombe dans ce mallieur, lorsqueceux a qui il se conlie, voulant caclier leur
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