148 DE L ESPRIT DES LOIS.
Si I’on ne dislribue poinl: les revenus aupeuple , il faut lni faire voir qu’ils sollt bienadminislres : les lni montrer, c’est en quelquemaniere l’en faire jouir, Cette cbaine d’orquel’on tendoil ä Venise, les rieliesses que Fortportoit a Ilome daus les triomphes, les tresorsque Fon gardoit dans le temple de Saturne,etoient verilabiement les rieliesses du peuple.
II est sur-lout essenliel, daus Faristocratie,que les nobles ne levent pas les tributs. Lepremier orilre de l’etat ne s en meloil point äRome; on en ebargeale second,et cela meineeut dans la suite de grands inconvenients.Dans nne aristocratie oüles nobles leveroientles tributs, tous les partieuliers seroient a ladiscretion des gens d’affaires; il n’y auroitpoint de tribunal superieur qui les corrigeät.Ceux d’entre eux preposes pour oter les abusaimeroient mieux jouir des abus. Les noblesseroient conime les princes des etats despo-tiques, qui conlisquent les biens de qui il leurpiail.
Bientöt les profits qu’on y feroit seroientregardes com 1 .ne un ]>atrimoine que Favariceetendroit a sa fantaisie. On feroit tomber lesfermes , on reduiroit ii rien les revenus pu-bbcs. (Fest par-laque quelques etats, sansavoir recu d’ecliec ([u’on puisse remarquer,tombent dans une foiblesse dont les voisinssont surpris, et quietp.nue les citoyens möines..
Il faut que les lois leur defendent aussi lecommerce: des marcliands si accredites fc-