PREFACE
C’est en clierchant a instruire les hommes quel’on peut pratiquer cctte -vertu generale qui com-prend l’amour de tous. L’liomme, cet etre flexible,se pliaut daus la societe aux pensees et aux impres-sions des autres, est egalement capable de connoitresa propre uature lorsqu’on la lui montre, et d’enperdre jusqu’au Sentiment lorsqu’on la lui derobe.
J’ai bien des fois commence et bien des foisabandonne cet ouvrage ; j’ai mille fois envoye auxvents (i) les feuilles que j’avois ccrites j je sentoistous les jours les mains pateruelles tomber ( 2 ) ; jesuivois mou objet sans former de desseiu ; je ne con-noissoi& ni les regles ni les exceptions ; je ne trou-vois la verite qucpour la perdre : mais, quand j’aidecouvert mes prineipes, tout ee que je clierclioisest veiiu a moi ; et, dans le cours de vingt annecs ,j ’ai vu mon ouvrage commcncer, croitre, s’avaucer,et finir.
Si cct ouvrage a du succes, je le devrai bcaucoupa la majeste de mon sujet: ccpendant je ne croispasavoir totalement manquc de genie. Quand j'ai vu ceque tant de grauds liommes, en Erance, en Angle-terre, et en Allemagne, ont eerit avant moi, j’ai dtedans 1’admiration ; iuais je n’ai point perdu le cou-rage : « Et moi aussi je suis pcintre (3) » , ai-je ditavec le Correge.
(1 \ Ludibria ventis.— ( 0 .) bis patrlua cccidere inanus...
3J fiel io auche son piltorc.