Cuiture. 15
tiver: c'est sans contredit le plus négligé par les mé-decins. Cependant on conçoit de quelle importance doitêtre celte culture, puisqu'elle donne occasion de voirles plantes depuis le moment où elles sortent de terrejusqu'à leur destruction. Quand on a vu naître uneplante, et qu'on l'a suivie dans tous ses développe-mens, il n'est plus possible de la méconnaître à quel-que état qu'on la retrouve ensuite; et c'est ainsi quedoivent être connues les plantes médicinales, parceque clans le commerce on les vend à tous les états ,ou plutôt à tous les âges, bien qu'il y en ait un(118) où elles sont préférables. Toutefois je re-marquerai à cette occasion qu'on les prend quelque-fois dans l'état où elles ont moins d'action pour lesemployer fraîches, plutôt que d'avoir recours auxplantes sèches; et c'est à tort, car souvent elles sontbien plus actives après la dessiccation, si elles ont étéconvenablement choisies.
Au surplus, quand bien même on aurait pris uneconnaissance parfaite des plantes dans les herborisa-tions, la culture serait encore d'une grande utilitésous un autre rapport : elle ferait connaître les diffé-rences qui existent entre les plantes naturelles etcelles que nous produisons dans des sols qui ne leurconviennent pas toujours , ou qui souvent leur sontau contraire trop favorables. En effet, les engrais denos cultures, parla surabondance de principes qu'ilsfournissent, produisent, au lieu de végétaux secs,robustes et doués de propriétés actives , des plantesbeaucoup plus fortes en apparence, plus vigoureuses,parce quelles sont remplies de sucs qui les gonflentsans rien ajouter à leur énergie, ou plutôt en dimi-nuant la force des matériaux actifs dont ils sont pour-vus dans l'état naturel.
25. Mais si la culture altère les propriétés des plan-tes médicinales, elle ne sera donc qu'un objet de purjgrément ? Quelques détails sur cette question ferontvoir qu'elle n'est pas susceptible d'être résolue d'unemanière générale.
Veut-on, par exemple, transplanter des coteaux