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Pharmacopée universelle : contenant toutes les compositions de pharmacie qui sont en usage dans la medicine, tant en France que par toute l'Europe, leurs vertus, leurs doses, les manieres d'operer les plus simples & les meilleures ; avec un lexicon pharmaceutique, plusieurs remarques nouvelles, et des raisonnemens sur chaque operation
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UNIVERSELLE. **>

Xie Chxfnedris, du Ctrpobalfawe , des fucs d'hypocißis , & du vrnj acada ,De la gomme arabique , duflorax c damit e , de U terre lemniene, du chalciüs vrai &

du fagapenum , de chaam demi once ,De U racine de petite arißdocbe , des fommitez, de petite centauree , de U femence

de daucus de Crete , de l'opopanax f du gdbanumpur, du bitume de judee , & du

caßoreum, de chacun deux dragmes,Du meilleur miel, cmt & ecutne , quawue üvres & demie ,De tres-bm vin , mutant qu'il fera neceffaire.

Emtes-en un antidote felon l'art.

R E M A R OJJ E S.On pnlverifera enfemble toutes les drogues, excepte la terebentme & l'opobal-famum; il ne faut pas apprehender que les gommes ni les fucs nuifent a lapulveri-jätion , car au contraire ils y ieront utiles, empechant par leur glutinofite qu'il nefe fade trop de diifipation des parries fubtiles du meiange.

On mettra dans une grande baifine le miel & le vin d'Eipane, on pofera la baffi-ne, für un feu mediocre , Sc quand le miel fera diftbut on le paflera par un tamis de-couvert, afin que s'il conrenoit quelque impurete , on la {eparät. On fera cuire lacolature doucement jufqu'ä confiftence de iyrop epais, on retirera la balline dedeifus le feu , & quand la liqueur fera ä demi refroidie , Ton y melera les poudrespeu a peu, puis l'opobalfamum ou l'huile de mufcade & la cerebentine de Chio ,qu'on aura liquefiez enfemble für un petit feu : On agitera long-tems le meiangeavec un grand pilon de bois, puis on le gardera dans un pot bien bouche, ayant foinde le remuer de tems en tems pour y excirer la fermentation.

Cet antidote ou opiate eft propre contre toutes les maladies contagieufes, comme Vertuela pefte , les fievres malignes, la petite veröle , la moriure des betes venimeufes,le poifon de la cigue, du napellus; il eft bon contre la colique venteufe, contre lesvers, on s'en fert pour l'afthme, pour les fievres intermittentes, pour la paraliiie,pour Papoplexie, pour l'epileptie , pour la lethargie, pour les maladies hyfteriques.Pendant quelle eftrecente eilefait dormir, parce quel'opinm y domine: Elle eftbonne alors pour artetet les hermorrhagics & les cours de ventre, mais en vieillii-fant eile perd cette qualite fomnifere , parce que les parties vifqueufes de Popiumont ete entierement rarefiees & exaltees par la fermentation, en (orte qu'elles nefönt plus capables de iufpendre ni de moderer le mouvement des efprits animauxdans le cerveau , ce qui etoit neceifaire pour exciter le fommeil.

La dofe de la theriaque eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. Dofe.

AndromaqueMedccindel'Empereur Neronayant voulurafiner für lemithridat,environ cent quarante ans apres que les Romains l'eurent mis en ulage, inventa cettecompoiition & la decrivit en vers t'legiaques, fous le nom de Galene , c'eft a dire, Galene»tranquile , a cauie que ceux qui etoient atteints de pefte, de morfures de beftes veni-mcules Sc de plulleurs autres accidents fächeux, etoient rendus tranquiles ou fou-lagez de leurs maux lorfqu'ils enavoient pris. Long-tems apres Nicandre Medecin& Poete Grec lui donna le nom de theriaque, qui] donnoit a tous les autres medi-camens alexitaires. Ce nom lui eft demeure, il vientdumotgrec Dir , quifignifieune befte feroce , foit parce que la vipere y entre , foit parce que la compoiitioneft propre pour guerir les morlures ou les piqueures des beftes venimeufes.

Plufieurs tirent Pextrait de la theriaque recente avec de Pefprit de vin, & ils fe lau Unttmfervent de cet extrait fous le nom de Uudanum tuiijfinmm \ mais j'eftime qu'il vaut excefont.mieux employer la theriaque en fubftance qu'en extrait, parce cp'en faiiant cet

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