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Pharmacopée universelle : contenant toutes les compositions de pharmacie qui sont en usage dans la medicine, tant en France que par toute l'Europe, leurs vertus, leurs doses, les manieres d'operer les plus simples & les meilleures ; avec un lexicon pharmaceutique, plusieurs remarques nouvelles, et des raisonnemens sur chaque operation
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PHARMACOPE'E

Vertus.Dofe.

CHAPITRE X.

Des Opiates, des Confeclions isr des Elecludires.

LE nom d'opiate n'etoir autrefois donne qu a des compo/irions liquides ou ilentroit de l'opium ; mais prefentement on donne cc nom a beaueoup d'elec-tuaires ou il n'en entre point.

Les noms de confeeuon Sc delectuaire denotent a peu pres la meine chofe ; lcpremier vient de conficere , qui fignifie achever ou perfetLionner , & Je dernierfignifie confcä'w rerum eleäatttm; auffi dit-on tieftartum aufli bitnqa'eleftuarium.

Ces trois fortes de preparations ont des confiftences a peu pres femblables ä cellesdu miel, elles fönt compofees de poudres, de pulpes, de fucre , de miel, de li-queurs; on les deftine ponr ecre employces ihterieurement.

Elles on: ete inventees par les Anciens pour pluheurs raifons , comrne pour cor-riger l'adion trop violente de quelques remedes, pour exciter Sc augmenter la ver-tu de quelques autres,pour unir par le melange Sc par la ferrnentation , les qualitesdes mixtes ahn den faire un compofe plus parfait, pour pouvoir garder les remedeslong-tems, pour les mettre en etat d'etre pris facilement &c promptement fans qu'ilioit beloin quele malade en artende la preparation.

Diacode ßmple de Galten.

Trcnez. dix teßes de pavot de greffeur medhere.

Faites-les macerer pendant vingt-quatre beures für les cendres cbaudes, J? ellesfo;it recentes , & pendant deux joiirs lorfqu'elles fönt feebes. Apres cela faites-lesbmilhr jufqua diminution da tiers de l'bumidite. Coulez. enfuite cette decoäion, &Vexprimez. t puls dißolvex. dans l'exprefjion la moitie nioins de penides ou de vin cu.\t ,& finalenient cu\fe%, le toutjufqu'a um conßßence teile qu'il faut pour le garder.

R E M A R QJJ E S.

On aura dix tetes de pavot medioerement großes, on les coupera par petits mor-ceanx , Sc on les mettra dans unpot de terre vermiß ; on verfera defllis, environtrois livres d'eau bouillante, on couvrira le pot Sc on leplacera für les cendres chau-des, on laiflera la matiere en digeftion pendant vingt-quatre heitres ü les tetes depavots fönt recentes, ou pendant deux jours fi elles (ont leches; entuite on mettrale pot für le feu 8c Von fera bouillir l'infuiion doucement jufqua diminution du tiersde l'humidite , puis on la coulera avec forte expreilion , on pefera la liqueuf con-lee , on y dilloudra la moitie de fon poids de fapa ou de penides, Sc Ton en feraconfilmer l'humidite jufqua confiftence d'eleiäuaire ; ce feraie diacodiufll fimpie.

Il eft propre pour adoucir Sc epaiflir les ferofites trop acres qui viennent du cer-veau pour appaiter la tpivx & pour provoquer le fommeil. La dofe en eil depuis unferupule jufqua deux dragmes.

Cediacodium fimple eft proprement unextrait des tetes de pavot, mele avec lefapa on avec le fucre; il a ete mis a bon droit, au rang desopiares, car l'extrait destetes de pavot eft un opium npftras. On ne fe fert plus de cette preparation depuisqu'on a reconnu que le fyrop de pavot, oomme prefentement diacödittm, produitle meine effet.

Le diacotlium doit etre donne en plus petite dofe dans lespays chauds-, comme enltalie,en Languedoc,en Provence, que dans les pays tempeies,parce que plus le So-JgÜ a deforce , Sc plus les pavots fönt fommferes.

Diatod»