PHARMACOPE' E
Medica-«nenc, ceque c'eft.
Remedesalterants.
Remedespurgatifs.
Remedes
foitüunts.
Remedes
echaaffants
Remedeslafraichif-fanu.
Remedes
hijmectans
Remedesdefficatifs.
CHAPITRE II.Des AAedicamens £r de leurs vertus.
LE medkament eft tour ce qui etant applique exrerieurement, on donne inte-rieurement excite quelque alteration dans nos humeurs> & y caufe un change-menc lalutaire; on le divife en fimple , 8c en compofe : Le fimple eft celui qu'ortemploye comme il eft venu naturellement, &c le compofe eft celui qui eft fair par lemclange de plufieurs Ingrediens.
On divife ordinairement les remedes a raifon de leurs verrus en alterans, en pur-gatifs, & en fortifiants.
Les alterans fönt ceux qui etant appliquez exterieurement ou donnez interieure-ment apportent quelque changement en notre corps , foit en echaurFant ou en ra-fraichiflant, en humeetant ou en deflechant, en amoliflänt on en condeniant, enrarefiant ou en afloupiflant, en reflerrant ou en lächant, en digerant ou en refol-vant, en corrodant ou en incraflant, en detergeant ou en arretant.
Les purgatifs fönt ceux qui par une certaine Fermentation & irritation qu'ils ex-citent dans le corps , detachent les humeurs fiiperflues, les liquefienr &c les niertenren etat detre evacuees: Je les divife en cathartiques ou purgatifs, en emetiquesou vomitifs , en diaphoretiques oufudorifiques, en diuretiques ou aperitifs,
Les fortifiants fonc ceux qui par la conformite de leurs parties avec les elprits denotre corps , corrigent les alterations qui s'etoient faites däns les humeurs ou dansles efprits memes , foit en y excitant Le mouvement qui avoit ete ralenti, loit enmoderant celui qui etoit trop violent, foit en pouflant dehors les impuretez.
Les remedes ecfiaüffeht ou rafrakhiflent par eux-memes ou par aeeident; ilsechauffent par eux-memes quand etant compolez de parties Zahnes & fulphureufes ,ils augmentent l'agitation des humeurs dans le corps de ceux qui en ufent, tels föntl'abfinthe, la canelle, le poivre, le gingembre , la mufeade •, ils cchauftent par aeei-dent quand en faifant des obftructions dans quelques vaifleaux , les humeurs qui ydevoient pafler s'y arretent & s'y fermentent d'oü reiulte une chaleur dans le corps ,tels fönt les narcotiques, les aeides, & plulieurs fruirs cruds.
Ils rafrakhiflent d'eux-memes quand etant compofez de parties aqueufes ou glu-tineufes, ils temperent l'acrimonie des humeurs , Öc moderent la vitefle de leurmouvement, tels fönt la lai£hic, le pourpier, la buglole , les gommes adraganth &arabiques : Ils rafraichillent par aeeident quand etant chauds ßcacres, mis enpetitequantite dans beaueoun de liqueur aqueufe ils lui fervent de vehicuLe pour la fairepenetrer, tels fönt l'ean de vie, l'efprit de vitriol, l'eiprir de foulfre : Ces efpritsaeides rafrakhiflent auffi en fixant & en preeipirant les fels & les foultres volacils ducorps, qui par leur trop grande agitadon, Fadbient La chaleur •, ils rafrakhiflenter.core en pouflant par les urines, parce qu'ils enlevent &: ehäflent des humeurs quipar leur fejour , produifoient dans les vaifleaux une chaleur etrangere.
Les remedes humeclent quand etant aqueux ou phlegmatiques , ils augmententla partie aqueufe des humeurs, tels fönt les mauves, le pourpier , La laiclue, le con-combre.
Les remedes deflechent en ematre manieres difFerentes: la premiere, quand par latenuite de leurs parties ou par leurs fels fulphureux , ils enrrainent par lespores leshumiditez fuperflues, tels fönt la farfepareille , la fquine , le gayac : La feconde ,quand par leurs parties terreftres & poreufes , ils ablorbent ou amortiflent les hur-