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Dictionaire, ou traité universel des drogues simples : ou l'on trouve leurs differens noms, leur origine, leur choix, les principes qu'elles renferment, leurs qualitez, leur etymologie, & tout ce qu'il ya de particulier dans les animaux, dans les vegetaux, & dans les mineraux ; ouvrage dependant de la Pharmacopee universelle
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s u.

crensle'ejen lcurs bords: fa tige eft haute d'envi'rondeuxpieds, ronde, dure, rougeätre, rameufe, por-jant en fes fommets des fleurs pareilles i Celles de laScabieufe commune, de couleur bleue , quelquefoispurpurine ou blanche. Sa racine eft große environcomme le peüt doigt, courte, comme mordue ou«>ng£c tout autour, garnie de fibres longues. Cetteplante croit aux lieux incultes, vers Jes bois, ausbords des chemins, dans les prez j fon goüt eft amcr.

La feconde efpece eft appelleeSuccifa hirfuta, C. B.Morfus diaboli hirfuta iScabwfafolio integro vil

Morfus diaboli hirfuta rarior , Gefn. hört.*±.L:.r.*n. .-* ~<Uh; 9t Pit. Tournef.

Elle ne differs de la precedente qu'en ce qu'elle eftvelue, eile eft beaucoup moins commune.

Le Succifa conüent beaucoup d'huile öc de fei ef-fentiel.

II eft ludorifique, cardiaque , vulneraire , proprepour retifter au venin, pour l'epilepfie, pour les uke-res de la poitrine & des autres parties, on s'en fertinterieurement & exterieurement.

On a nomme cette plante Succifa, & Morfus dia-holt, ä caufe de fa racine, qui eft comme rongee ouinordue.

S U L P H U R.

Sukhur , en Francis, Soufre , eft une efpece deBitume , ou une mauere minerale graffe 8c vitrioli-que , il y a meine de l'apparence que ce n'eft qu'onVitriol exalte" naturellement dans la terre par le moyendes feuxfouterrains; car on trouve quelquefois dansJe Soufre, avant qu'il ait ete fondu, de petits mor-ceauK de vitriol: de plus, le Soufre contient les m£-mes principes que le vitriol.

II y a deux efpeces generales de Soufre, un appelle"Soufre vif, 8c l'autre Soufre jaune ou Soufre com-nuii.

Le Soufre vif eft appelle par quelques Auteurs.Apyrothium, c'eft une matiere grife, grafk, argilleu-fe, inflammable, qu'on trouve dans la terre en Sicile& en plufieurs autres lieux. II doit etre choifi net,uni, luifant, doux au toucher, tendre , facile ä caf-fer , de couleur grife. Les Cabaretiers s'en ferventpour foufrer les tonneaux dans lefquels ils mettent Icvin qu'ils veulent faire tranfporter par mer.

II eft employe pour la grateüe, pour les dartres,pour la teigne; on en mele dans les onguents.

u4pyrothium , ex a'privativo, er irSp, ignis; parceque le Soufre eft 1'Clement du feu.

Le Soufre iaune ou commun eft une matiere dure,luifante, caffante, facile ä fondre & ä s'enfiammer ,jendant une odeur defagreable , piquante & incom-mode ä la poitrine. On la tire du mont Vefuve 8cit plufieurs autres lieux; on la liquefie für lefeu, Scon la verfe dans des moules pour la former en canons©uenbitons, comme nous la voyons chez les Dro-guiftes.

II faut choifir le Soufre en canon leger» fe caßaot

S U. j27

facilement, de couleur jaune doree; ou fi Ton en vetutirer de l'efpnt de Soufre, de couleur verdätre; carc'eft une marque qu'il eft plus vitriolique & plus rem-pli d'aeide.

Le Soufre fert aux Bonnetiers & ä plufieurs autresArtifans pour blanchir; il eft compofe naturellementd'une partie graffe Sc inflammable ou veritablementfulphureufe, 8c d'un fei vitriolique aeide On augmen-te la fraicheur de l'eau quand on y met tremper unebille ou canon de Soufre: cettte experience eil com-mode ä ceux qui veulent rafraichir du vin en Ete,car pendant que les bouteilles qui le contiennent föntdans un feeau d'eau, fi l'on y met un bäton de Sou-fre, l'on aura le moyen de boire frais fans le fecoursde la glace; mais il ne faut pas croire qu'une memebille de Soufre puiffe fervir deux fois ä cet ufage, eilene produiroit point d'effet en la feconde.

Ce rafraichifTement vient apparemment de quelqueportion du fei aeide du Soufre qui s'eft detachee Scdiffoute dans l'eau, ce qui a ralenti le mouvement duliquide pour faire une certaine condenfation dans fesparties; mais la bille de Soufre, apres qu'elle a ete re-tiree de l'eau, eft aufli bonne pour toutes les autresOperations qu'on fait für ce Bitume qu'elle e"toit au-paravant, 8i eile ne paroit avoir diminue en rien dela vertu du Soufre.

Le Soufre eft propre pour l'afthme, pour les uke-lesdela poitrine 8c des poumons, pour la phthifie,pour refifter ä la pourriture , pour la gratelk, pourles dattres, pour difeuter 8c refoudre les tumeurs: ons'en fert interieurement 8c exterieurement. La dofeen eft depuis quinze grains jufqu'ä deux ferupules.

On a mis en ufage depuis quelques anne'es une pre-paration de Soufre qui a eu quelque fucces pourl'afthme; cette preparation confifte ä concaffer desbäfons de Soufre jaune ordinaire, ä les faire bouillirdans de l'eau environ un quart d'heure , ä drängetl'eau 8c ä reiterer ä les mettre bouillir de memejufqu'a quatorze fois, y employant ä chaque fois de. nouvelle eau pour adoucir le Soufre, puis l'ayant fe-pare de la derniere eau, on le fait fondre doucemen*für le feu dans un pot neuf, on !e laiffe refroidir, oale metenpoudre, & on le mele avec la quatnemepartie de fon poids de Sucre rofat aufli en poudre.

On fait prendre au malade pour chaque dofe demionce de cette poudre le matin &c autant le foir, &£l'on en fait continuer l'ufage pendant deux ou troismois, eile provoque ordinairement deux ou trois fei-les par jour.

J'ai remarque par les experiences quej'en ai fairesque ce remede produifbit quelquefois un aflez borveffet aux afthmatiques forrs 8c robuiks, mais qu'auxperfonnes deiieates il caufoit des trenchees &z des acre-tez tres-grandes dans les vifeeres; j'ai memes quequelques uns n'en ont point eis purgez: j'en trouvela dofe trop grande, car il entre dans chaeune troisdragmes de Soufre; il agiroit mieux 8c avec moinsde violence fi l'on en retranchoit la moitie: il ne fautpas croire que l'eau par les- coöior.s reitere'es qu'on adonneesau Soufte, ait enleve beaucoup de fon acre-te, eile n'a fait que glifler kr ce mixte naturellement

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