TOURNESOL — TROCH1SQUES.
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TOURNESOL.
Laque bleue ; Lacmus, Lacca cœrulea.
Blauer Laok, Lakmus, 4L., su.; Litmus, ang.; Girasol,esp.; Lakmœs, hol.; Tornasole, it.
Matière tinctoriale dont on distingue deuxsortes : 1° Tournesol en pains ou de Hollande ;en tout petits pains cubiques, de couleur bleuecendrée : il se prépare au moyen des mêmeslichens qui servent à l'obtention de l'orseilletels que le Rocceïto tinctoria et diverses varié-tés de Variolaréa et de Lecanoro, réduits enpâle et mêlés avec des cendres gravelées, dela chaux et ■de l'urine; il sert à taire la teinturesi usitée dans les laboratoires, comme réactif;2° Tournesol en drapeaux ou de Provence; cesont des chiffons ou des morceaux de toiled'emballage imbibés, à 2 reprises, du suc deCrosophora tinctoria (Euphorbiacées) (Crolontinclorium, maurelle), mélangé d'urine, séchés(appelés alors Wanquerie), puis exposés soit auxvapeurs de l'urine et de la chaux vive, soit auxvapeurs ammoniacales que dégage une couchede fumier de cheval, dite aluminadou. Souscette influence, le suc prend une teinte d'unrouge vineux. Le tournesol en drapeaux sert,en Hollande, à colorer l'extérieur des fromages.Ce produit se fabrique presque exclusivementau Grand-Gallargues, village près Nîmes. Con-trairement au tournesol en pains, il ne revientpas au bleu par les alcalis (V. Un. plu, 1866).
La matière colorante bleue du tournesol, quine constitue qu'une très-petite fraction du poidstotal des pains, est une combinaison de quatrematières colorantes rouges (Erythroléine, Eryth-rolitmiue,Azolitmine et Spaniolitmine de R. Kaneavec de la chaux, de la potasse, de l'ammoniaquemêlés de beaucoup de carbonate et de sul-fate de chaux et même de sable. Le tour-nesol en pains cède presque toute sa cou-leur à l'eau et à l'alcool faible; mais il estentièrement insoluble dans l'éther et l'alcoolanbydrc.
Pour faire la teinture de tournesol, Vogelprépare, de la manière suivante, un extraitinaltérable : 16 gr. de tournesol du commerce,réduits en poudre fine, sont mis à macérerpendant 24 heures avec 120 c. cubes d'eaudistillée ; cette première liqueur, contenanttout l'alcali libre du tournesol, est mise àpart et remplacée par une nouvelle quantitéde 120 c. cubes d'eau distillée qu'on laisseséjourner encore pendant 2k h., en l'agitant detemps en temps. Le liquide décanté est diviséen 2 parties égales; l'une est agitée, à plu-sieurs reprises, avec une baguette de verretrempée dans l'acide azotique étendu, jusqu'àce qu'elle soit franchement rouge ; on la mêleavec l'autre moitié réservée, qui est encorebleue ; de ce mélange résulte un liquide bleutirant sur le rouge, que l'on évapore a siccité
au bain de sable ; on obtient ainsi une massegrenue, amorphe, que l'on enferme dans unflacon bien bouché, susceptible d'une longueconservation; elle est soluble dans l'eau, sansrésidu, et donne extemporanément une tein-ture de tournesol au degré de concentrationdont on a besoin. Les papiers réactifs s'ob-tiennent par immersion dans une décoctionde tournesol neutralisée ou non, et en séchant.— Ce qu'on a appelé tournesol en coton venaitdu Portugal et se préparait avec de la cochenilledéposée sur de petits disques de coton aplatis.
TROCHISQUES.
Ce mot, qui vient de tjo'/.°'?> toupie, cône,parce que les trochisques reçoivent souventcette forme, était appliqué par les ancienspharmacologues à des préparations internesou externes auxquelles on donnait souvent,comme nous venons de le dire, la forme d'uncône, et aussi celle d'un grain d'avoine, d'untétraèdre, d'une boide, d'un cube, etc. Lespastilles de nos jours étaient jadis des tro-chisques.
Aujourd'hui le mot trochisques, qui, du reste,est peu usité, n'est appliqué qu'à des médica-ments externes. On nomme aussi trochisques,des poudres ou précipités auxquels on donnecette forme pour faciliter leur dessiccation.
Les Trochisques alhandal, du mot arabe alhandal, coloquinte, se préparaient avec de lapoudre de coloquinte et Q. S. de mucilageadragant pour en faire une pâle que l'on divi-sait en trochisques triangulaires ; on les em-ployait à l'intérieur contre l'hydropisie, la lé-thargie , etc. Les Trochisques d'agaric leurétaient analogues.
Les Trochisques de plomb blanc de Rhazis,ou Sief des Arabes, se préparaient avec de lacéruse, du camphre, de la sarcocolle, de l'ami-don, de la gomme et de l'eau de rose; on leurdonnait la forme de grains d'avoine, et on lesemployait à l'extérieur en collyres, en injec-tions.Trochisques antisyphilitiques (Langlebert).
Charbon de braise finement pulvérisé............ 25
Protoiodure de mercure.. 2 Benjoin.......... 0,50
Mêlez et ajoutez Q. S. d'eau sucrée pourfaire une pâte diviser- en 20 trochisques. 1 tro-chisque à brûler malin et soir et en diriger lafumée vers la bouche dans le cas d'ulcèressyphilitiques du larynx et de la trachée.Trochisques aromatiques.Bâtons aromatiques russes.Baume du Pérou....... 1 Sucre.............. 4
— de la Mecque... 1 Vanille.............
— de Tolu........ 4 Musc .............. i/18
Storax calam.......... 4 Ambre gris......... i/18
Benjoin ............... 4 Succin............. 8
Cannelle .............. 4 Laque carm........ 1
Cuscarille ............. 4 Esprit de roses.....Q. S.
Girofle ................ 1