SULFATE DE FER.
957
de couleur ocracée. Le soluté est dans le mêmecas ; mais, en l'acidulant légèrement avec l'acidesulfurique, on retarde considérablement sa sur-oxydation.
Le sulfate de fer est l'objet d'une grande fa-brication. Il provient, tantôt du traitement desvieilles ferrailles par l'acide sulfurique étendu,tantôt del'exposition, à l'air humide, des pyritesargileuses.
Ce sulfate est impur, il peut contenir dessulfates de cuivre, de zinc, de manganèse,d'alumine, de magnésie, de l'oxyde d'arsenic.Le plus souvent il a besoin d'être purifié. Pourcela, on fait bouillir sa dissolution avec de lalimaille de fer; on passe et on fait cristalliser.Mais on a tout aussitôt fait, et on a encore unproduit plus pur, en le préparant soi-mêmedirectement. Voici le procédé du Codex.
Tournure de fer ou pointes de Paris 100 ;acide sulfurique officinal 160; eau 800; mettezl'acide dans un vase degrés ou de verre; ajou-tez-y la limaille par parties jusqu'à ce qu'il n'yait plus d'effervescence ; mettez un excès delimaille; portez à l'ébullition et filtrez prompte-ment à l'abri du contact de l'air; ajoutez à laliqueur 20 grammes d'acide sulfurique dilué ;concentrez la liqueur jusqu'à 1,29 au densi-mètre (34° B e ), décantez et laissez cristalliserpar refroidissement. Jetez les cristaux obtenusdans un entonnoir dont la douille sera en par-tie obstruée par un petit tampon d'amianteou de coton; laissez égoutter, lavez-les ensuitesur l'entonnoir, en les arrosant d'un peu d'al-cool à 60° c., laissez encore égoutter et épon-gez-les rapidement avec du papier buvard jus-qu'à ce qu'ils soient secs, enfermez-les dansun flacon à l'abri de l'air.
1 kil. de limaille de fer produit au maximum4 kil, 964 de sulfate cristallisé qui contient45 0 0 d'eau de cristallisation.
Si l'on voulait obtenir le sulfate de fer enpetits cristaux d'une dessiccation facile, onopérerait de la manière suivante : faites dis-soudre 500 grammes de sulfate pur dansautant d'eau bouillante, et recevez la solutionfiltrée dans 375 parties d'alcool à 36°, addi-tionné à l'avance de huit parties d'acide sulfu-rique. Le sel se dépose en petits cristaux quise sèchent très-facilement (Berthemot).
Pour conserver longtemps le sulfate de fercristallisé, M. Baudt conseille d'étendre lescristaux sur du papier à filtrer et de les réduireen grains au moyen d'une spatule ; il placeensuite le tout sur une plaque de fer et sècheavec précaution au dessus d'un fourneau, enremuant constamment, puis il renferme lescristaux dans un flacon bien bouché. On peutaussi le conserver en employant une solutiontrès-dense de gomme arabique ; dose : 4 p. desel, 4 p. de gomme finement pulvérisée (C.
Parvesi) ; ou en mettant avec ce sel un petitmorceau de camphre enveloppé dans du papier(Welborn). Il absorbe fac. le bioxyde d'azote.
Le sulfate de fer est un excellent astringent,dont on obtient de bons résultats, lorsqu'ilest employé convenablement, dans les hémor-rhagies scorbutiques, la chlorose, le diabète,les fièvres intermittentes, les maladies decœur, la phtisie. A l'extérieur, on l'emploieen injections, lotions, collyres, etc., contre leshémorrhagies, les écoulements muqueux, lesulcères rebelles. Velpeau a découvert danssa dissolution le meilleur remède pour com-battre les érysipèles. Dose à l'intérieur: 5 à 30centigrammes et plus, progressivement.
Le sulfate de fer desséché constitue, selonqq. auteurs, la Poudre de sympathie de Diyby,tandis que, selon d'autres, ce serait le sulfatede zinc desséché. Le Sel martial de Lagrésieétait un mélange de sulfate de fer et de sulfatede potasse. Le Sel de Mars, de Rivière, étaitdu sulfate de fer impur, préparé par un pro-cédé particulier.
Incomp. : le tannin et les substances qui encontiennent, le quinquina, le cachou, les alca-lis et leurs carbonates, les savons, les infusésde végétaux mucilagineux, etc.
Le Persulfate de fer, Sulfas ferrims, peutêtre obtenu en saturant de l'acide sulfuriquepar du peroxyde de fer, ou en suroxydant àchaud le sulfate ferreux par l'acide azotique,jusqu'à cessation de vapeurs rutilantes. La mé-decine militaire l'utilise comme astringent hé-mostatique, sous le nom de Liqueur hémosta-tique de Monsél, à la façon du perchlorureferrique.
D'après MM. Devillars et Darrach, le persul-fate et le perchlorure de fer exercent uneaction coagulante identique sur le sérum dusang; ils préfèrent le premier comme étantplus stable et plus facile à préparer.
Le Sulfate de fer et de potasse, Alun de fer(Iran alun, ang.J, qui a la même constitution,la même cristallisation que l'alun proprementdit, et qui sert surtout comme mordant dansla teinture en noir, peut se préparer en trai-tant 9 p. d'oxyde rouge de fer, par 14 p.d'acide sulfurique et ajoutant au sulfate fer-rique produit et dilué 10 p. de sulfate de po-tasse puis laissant cristalliser. Par un procédéanalogue, on peut préparer le sulfate de fer etd'ammoniaque, en remplaçant le sulfate depotasse par le sulfate d'ammoniaque. Ces deuxsels, plus astringents que l'alun, s'emploient,en Angleterre, à la môme dose que ce dernier.
Le Sulfate de fer et de quinine, dont onparaît avoir obtenu de bons résultais commefébrifuge tonique, se prépare ainsi : on faitdissoudre 30 de sulfate de fer pur dans 180d'eau distillée, on ajoute à la solution 30 de