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L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
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SUCS VEGETAUX.

saveur acre et amère, soluble dans l'alcool ;solidifiable par la chaux ou la magnésie.

Le styrax (Mea saîb, ar.) contient, d'aprèsM. Simon, une huile volatile styrol ou styrole,une résine, de la Styrucine (Bonaslre) et de Ya-cide cinnamiijue qui vient quelquefois cristalli-ser à la surface. Il fait partie des baumes, et estfourni par le Liquidambar orientale (Balsami-flués), qui croît en Asie.

Le baume appelé Liquidambar, Ambre, ouKarabé liquide, Copalme, Baume ou huile decopalme ou de Tkymiamè, Basamala, est fournipar le Ligwdambar styraciflua qui set rouvedans les pallies méridionales des Etals-Unisel dans certaines régions du Mexique. A Javaexiste encore le Liquidambar altigianum ; il aune odeur benzoïnée, une saveur balsamiqueet chaude, il est soluble dans l'alcool, le chlo-roforme et les huiles fixes.

Le styrax est un excitant presque exclusive-ment réservé pour l'usage externe. Cependanton l'a préconise comme diurétique et anligo-norrhéique. On fait un onguent de styrax.

M. Lepage, de Gisors, a reconnu dans le sty-rax les substances suivantes : Résine neutrecrist. (styrucine), résine molle, matière verte,acide benzoïque, acide cinnamique; la pré-sence de ce dernier a été confirmée ultérieu-rement par H. Landon Harrison, qui n'a pu yreconnaître l'acide benzoïque.

M. Lepage a proposé (,f. Ch. méd., 1842)l'emploi interne de ce baume après pu-rification sous forme de pilules (uni à lamagnésie on pourrait le mettre en cap-sules), de sirop, de potion. Pour la purifi-cation il indique de chauffer au B.-1I. jusqu'aupoint d'ébullition un mélange de 2 p. de sty-rax et 5 p. d'alcool à 34° et de filtrer rapide-ment. Par refroidissement et repos, le styraxse' dépose au fond du vase ; il ne reste plusqu'à décanter l'alcool et à chauffer légèrementle styrax pour chasser le peu d'alcool resté en-gagé. Le styrax purifié est verdàtre, semi-transparent et semi-fluide.

SUCS VÉGÉTAUX.

Saft, al., se; Juice, ang.; Jugo, Suco, Zumo, esp.; Sap,HOL.; Sugo, IT.

On nomme sucs les produits liquides quiexistent dans les divers organes des végétaux.A ce titre, les résines, les gommes-résines,les gommes, les huiles fixes et volatiles, etc.,sont des sucs, comme les sucs des plantesherbacées et des fruits; mais restreignant lasignification de ce mot, nous ne nous occupe-rons ici que de ces derniers, dits aussi Sucsaqueux, et, parmi eux encore, des sucs extrac-tifs el acides seulement.

1° Sucs aqueux extractifs. Ils sont prin-cipalement fournis par les feuilles de plantesherbacées. Leur préparation peut avoir pourbut leur emploi en nature, ou de les faire ser-vir à la préparation des extraits, des sirops.

Leur mode d'obtention est en général fortsimple. Pour les plantes aqueuses, on les piledans un mortier de marbre ou de bois,on lesexprime et l'on clarifie le suc par filtrations'il doit être pris en nature, et par coagula-lion à chaud s'il est destiné à la préparationd'un sirop ; quand la plante n'est pas assezsucculente ou que le suc est tres-visqueux,on lui ajoute pendant la contusion et peu à peule 1/8 de son poids d'eau pour faciliter l'ex-traction du suc. Cette addition d'eau ne seferait pas si on lavait la plante ou si on lapilait a\ec plusieurs autres très-succulentes.

Ces sucs sont très-altérables. On ne les con-serve poinl pour l'usage comme les sucs acides,si ce n'est toutefois le suc de pointes d'as-perges.

Suivant nous, les sucs extractifs dépurés,ceux surtout qui proviennent de plantes à al-caloïdes, ne représentent pas complètementles propriétés des plantes qui les ont fournis.La chlorophylle relient bien certainement encombinaison, ou en solution, la majeure partiedes principes actifs (alcaloïdes, résines, huilesvolatiles, etc.). Nous puisons notre manièrede voir dans la différence qui existe entre lesextraits avec les sucs dépurés et ceux prépa-rés d'après la méthode de Storck ; dansla différence d'action, qui a été plusieurslois remarquée, du suc dépuré de certains vé-gétaux toxiques, et de ces végétaux eux-mê-mes ingérés dans l'économie ; dans l'inégalitéexistant entre des préparations obtenues àl'aide de dissolvants convenables sur desplantes activés, et les sucs dépurés de cesmêmes plantes; et, sans avoir aucun rensei-gnement à ce sujet, nous sommes presque per-suadé que le suc d'aconit et celui de ciguë, aveclequel quelques peuples de l'antiquité faisaientpérir leurs criminels, n'étaient pas dépurés.

M. Bouchardat a proposé, il y a une quin-zaine d'années, l'emploi thérapeutique desSucs éthérés. On ajoute au suc d'une planteactive assez d'éther pour qu'après l'agitationil soit surnagé par une légère couche de celiquide. Après 24 heures, on enlève la couched'éther, on filtre et on conserve en flaconsbouchés. Ces sucs ne \ aient pas les alcoola-tures. Il résulterait cependant d'expériencesde M. Lepage, de Gisors, que cette méthodepermet de conserver, pendant très-longtemps,des sucs de plantes qui donnent ensuite desextraits aussi bons que les mêmes sucs ré-cemment obtenus.