MILLEFEUILLE.
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îécolte. Après avoir fail sortir les abeilles dela ruche, on les fait passer dans une autrevide, on prend les rayons ou gâteaux, on lesexpose au soleil, et il en découle une premièresorte nommée miel vierge ; lorsque celui-ci afini de tomber, on casse le gâteau, et on lesoumet à la presse pour en retirer ce qui reste;nous avons vu ailleurs que les rayons ne sontautre chose que la cire. (V. lïev. ph., 1857-58.)
Le miel est plus ou moins grenu et a ordi-nairement l'odeur de la plante sur laquelle ila été récolté ; sa saveur sucrée varie aussipour les mêmes causes. Cette influence desvégétaux sur la nature des miels est si grande,que ceux-ci peuvent être vénéneux s'ils ont étérécoltés sur les plantes toxiques, telles que desapocynées, l'azalea pontica, le rhododendrumponlicum (Tournefort, Aug. St-IWaire), lesaconilum napellus et ponlicum (Seringe). L'es-pèce d'abeille influe aussi sur la nature du miel.C'est ainsi qu'on rapporte à l'api* fusciata lesmiels estimés de Narbonne, du Câlinais et dequelques autres contrées (Huber, de Genève).M. Calloud, dans ses recherches sur les mielsde la Savoie, a été amené à contester la forma-tion de miel vénéneux provenant de la fré-quentation de piaules vénéneuses par les abeil-les. Suivant lui, l'arôme du miel serait indé-pendant des essences aromatiques spéciales desplantes, et seulement lié à la plus ou moinsforte proportion d'une substance colorantejaune, qu'il appelle mélichroîne, provenant dupollen des fleurs, très-oxydable, se décolorantfacilement à l'air; d'où le secret du blanchi-ment des miels.
La couleur du miel varie du brun au blancle plus parfait. Les miels dumontllymetle, deManon, de Narbonne, sont célèbres par leurblancheur, leur goût et leur odeur agréables ;sous le nom demie! de Narbonne, on comprendaussi les miels des Pyrénées-Orientales : vien-nent ensuite le miel du Gàtinais, et enfin celuide,Bretagne, quiesl le plus commun et qui con-tient du couvain, substance très-fermentesci-ble. Nous dirons cependant que l'on fait enBretagne un miel, qui est consommé dans lepays, dont la couleur est celle du miel quel'on connaît à Paris, mais qui est grenu, fermeet fort agréable à manger.
La région des lacs de l'Afrique centraleabonde en miel. Le miel du Darfour est brun ;on trouve à Cayenne et à Surinam des mielsrougeâtres ; celui de Madagascar est verdàtre.La plupart de ces derniers sont fournis parl'abeille amalthée, Apis amalthœa. On trouvedans le commerce français du miel de la Ha-vane. Ce miel est jaune, liquide comme de lamélasse, et parait destiné à être employé con-curremment avec celui de Bretagne. 11 nousarrive aujourd'hui en abondance du miel du
Chili présentant toutes les nuances allant durougecàtre au blanc le plus parfait.
Selon quelques auteurs, on rencontre enGéorgie, dans les fentes de rochers où sansdoute une espèce d'abeille va le déposer, unmiel nommé miel de pierre. Il est sec et bril-lant comme du sucre candi. D'abord blanc, ildevient jaune avec le temps.
Les juifs de l'Ukraine et de la Moldavie expo-sent le miel à la gelée dans des vases opaquespour lui faire acquérir de la blancheur. Celte pra-tique, qui est celle qu'on emploie en France pourla cire, ne pourrait-elle pas être mise à profitdans nos contrées pour les miels communs?
Le miel est constitué par deux substances,l'une solide, c'est du sucre crislallisable,l'autre molle, formée par du sucre incristallisa-ble; il contient, en outre, un peu de manniteet d'acide acétique, des principes aromatiqueset colorants, des substances grasses, des prin-cipes azotés. On le falsifie quelquefois avec leglucose.
Selon Soubeiran, le miel est un mélange, enproportion variable , de glucose cristallisable ,de glucose dextrogyre ou déviant à droite lesrayons de la lumière polarisée, et de sucre li-quide incristallisable ou glucose lœvogyre (lé-vulose) déviant à gauche.
Les miels du commerce récemment récoltésrenferment des proportions variables de sucrede canne qui existe exclusivement dans lapartie liquide. Ce sucre disparaît avec le tempssous l'influence du ferment naturel contenudans ces produits (Dubrunfaut).
Le miel est sol. dans l'eau et dans l'alcool.
11 est connu de toute antiquité.
Il est employé en médecine comme émollient,rafraîchissant, laxatif. Le miel blanc, à la dosede 15 à 100,0 par litre, sert à édulcorer des tisa-nes. Il fail la base des oxymellites; il entre dansles élecluaires. Le miel commun, à la dose de 50à 100,0, est employé en lavements; chauffe jus-qu'à ce qu'il ait une consistance huileuse, onl'a employé en frictions contre les crevasses.
Vhydromel vineux, qui constitue la boissonordinaire des peuples du Nord, est préparéavec miel 2500, eau commune 12500, fermentde bière 60 : on met le mélange dans un ton-neau que l'on tient à une température de 19 à25 oc pour que la fermentation s'effectue ; onsoutire et on met en bouteilles.MILLEFEUILLE.Herbe aux charpentiers, aux voituriers, aux
militaires, aux coupures (ce dernier nom
appartient aussi à une joubarbe); Sourcil de
Vénus ; Achilleamil/efolium. (Synanlhérées.)
Schaafgarbe, Aehillenkraut, al.; Mili'oil, ang.; Om al-fouarak, Rœllifle, Harhœns, Jordkumble, dan.; Mille-folia, Milenrama, esp.; Duizendblad, hol.; Millefo-glio, it.; Tjsiaeznik,roL.; Milem rama, por.; Rœllekasu.