CLASSIFICATION ET NOMENCLATURE PHARMACEUTIQUES.
139
CLASSIFICATION ET NOMENCLATURE PHARMACEUTIQUES
La classification et la nomenclature phar-maceutiques appellent une réforme depuis ungrand nombre d'années. Il serait temps enfinque quelque chose de méthodique vînt rem-placer l'arbitraire qui règne encore dans cettepartie de notre art.
La nomenclature ancienne que le Codex asuivie, bien que débarrassée d'un grand nom-bre de noms empiriques, est encore très-vi-cieuse. Mais on conçoit que ses auteurs ontdû mettre beaucoup de réserve sous le rap-port des innovations. Cependant on peut leurreprocher, ce nous semble, de n'avoir pas osédavantage.
Il serait h désirer que l'on pût introduiredans la nomenclature pharmaceutique la pré-cision qui caractérise celle de la chimie et dela botanique ; mais le travail est hérissé dedifficultés. Des pharmaciens distingués denotre époque n'ont cependant pas craint del'aborder. Ils ont jeté les bases d'une classifi-cation et d'une nomenclature qui ont déjàporté leurs fruits, et si nous n'en avons adoptéaucune exclusivement, c'est que, commenous l'avons déjà dit, notre livre n'étant pasune œuvre dogmatique, nous eussions manquéà noire programme en agissant autrement.
Chéreau, qui le premier s'est occupé decette importante question, divise d'abord lesmédicaments en deux grandes classes : leschronizoiques et les achronizmques, autrementdit médicaments officinaux et médicaments ma-gistraux; puis il établit ses ordres d'après lanature de l'excipient ; alors on a les hydrauli-ques (médicaments à excipients aqueux), lesoléoliques (médicaments à excipients huileux),etc. Les genres sont formés d'après la ma-nière dont les médicaments ont été obtenus :on a des hydrolês (solutés, infusés, etc.),des hydratais (eaux distillées), des oxcolés (vi-naigres par macération), des oœéolats (vinai-gres par distillation), etc. 11 forme les sous-genres d'après la consistance ou l'emploi etl'espèce, en ajoutant au nom générique unnom spécifique, qui est celui de la substance.
Henry et Guibourt font quatre classes demédicaments : par division, par extraction,par mixtion, par combinaison chimique. Leursgenres sont formés d'après la nature des mé-dicaments ou leurs excipients ; les sous-genres,
d'après leur forme et encore d'après leur na-ture ; enfin l'espèce, en ajoutant au nom géné-rique le nom de la substance, lorsqu'il n'y ena qu'une seule ; d'une ou de deux des princi-pales, lorsqu'il y en a plusieurs.
Béral, qui a publié un travail très-élendusur ce sujet, transforme en classes les ordresde Chéreau, toutefois avec quelques chan-gements dans les noms et dans le nombre. Ilétablit quatorze classes : les hydroliques, mé-dicaments à excipient aqueux ; les alcooliques,excipient, l'alcool ; éthéroliques, excipient, l'é-ther ; acétoliques, excipient, le vinaigre ; œno-liques, excipient, le vin; brytoliques, excipient,la bière ; èlœoliques, excipient, les huiles gras-ses; oléoliques, excipient, les huiles volatiles;liparoliques, excipient, la graisse; rétinoliques,excipient, les résines ; stéarotoliques, excipient,un stéarate ; saccharoliques, excipient, le sucre;melléuliques , excipient, le. miel; amidoliques,excipient, l'amidon. Sous forme d'appendice,il place les médicaments qui n'ont pu entrerdans les classes ci-dessus, comme les poudres,les extraits, les cataplasmes, les pilules, etc.
Les genres sont formés, soit d'après le modede préparation (cdcooUs, teinture par solution ;akoolatures, teinture avec les plantes, ou parmacération ; alcoolats, alcools par distillation),soit d'après leur forme ou leur emploi.
Dans cette méthode, les noms des médica-ments qui ne contiennent qu'une seule sub-stance active se composent du nom de cettesubstance joint au nom générique (exemple :acétolé de camphre, vinaigre camphré). Quantaux médicaments composés, un nom propre,ordinairement celui de l'inventeur, leur sertde dénomination spécifique. L'auteur regardece mécanisme comme un moyen facile et iné-puisable de nomenclature.
L'introduction, dans la pratique pharma-ceutique, de la glycérine comme excipient,nous a fait ajouter au tableau ci-dessus lesglycérats ou glyeérés et les glycérolés (p. 517).
Quelle est la meilleure de ces méthodes?Les deux grandes classes de Chéreau nousparaissent défectueuses, en ce sens qu'un mé-dicament peut être à la fois officinal et ma-gistral ; mais ses ordres, à part les noms dequelques-uns, reposent sur des bases solides,