DU RÉGINE VEGETAL. 87
bourgeons sont des corps arrondis ou coniques, situés ordinairement a l'extrémité des divisionsde la tige (rameaux qui ne sont qu'une répétition de la tige) ou à l'aisselle des feuilles. On doitles considérer comme des sortes d'embryons, puisque d'eux naissent les feuilles, les fleurs, etc.,et que, mis en terre, ils peuvent s'y enraciner, vivre à part et propager l'espèce. Les corps quel'on désigne sous les noms d'oignons, de bulbes, etc., sont des bourgeons, ou plutôt desplantes entières. En effet, ils sont composés d'une racine, d'une tige, courte, à la vérité, etd'écaillés, lesquelles sont les analogues des feuilles. Quant au tubercule de la pomme de terre,il doit être considéré comme un rameau raccourci. — Les feuilles sont des appendices qui ser-vent d'organes inspiratoires et expiratoires, et qui, mis en contact avec l'air atmosphérique,donnent lieu à un des phénomènes les plus remarquables, les plus curieux, les plus importantsde la vie végétale. Elles sont composées de fibres et de tissu cellulaire. Lorsque le faisceau defibres sort du bourgeon sans s'étaler, sans se ramifier, il forme une espèce de queue que l'onappelle pétiole, et la feuille est dite pétiolée ; lorsqu'au contraire, ce faisceau s'étale immédia-tement en sortant du bourgeon, la feuille est sans pétiole et par conséquent sessile. La partieaplatie de la feuille s'appelle limbe. La feuille est simple ou composée d'un nombre plus oumoins grand de parties, qui ont reçu le nom de folioles ; quelquefois la feuille est accompagnéede petites pièces nommées stipules. Les feuilles représentent à peu près toutes les figures con-nues : il semble que la nature s'est plu à déployer, surtout dans cet organe, son inépuisablevariété. La feuille est ordinairement lisse à sa face supérieure, mate et velue à sa face infé-rieure. C'est sur celle-ci que se voient le mieux les fibres (nervures) dont la distribution estd'une grande importance, puisqu'elle peut servir à distinguer deux des plus grands embran-chements du règne qui nous occupe. D'autres organes (classés parmi ceux de la nutrition) telsque les aiguillons, poils, glandes, se remarquent sur certaines parties de beaucoup de plantes.Ces organes ne sont qu'accessoires et non essentiels à la plante, ainsi que les vrilles, mains oucrampons (espèce de petites racines) à l'aide desquels les végétaux s'attachent sur d'autres plusrobustes ou à d'autres corps, pour s'élever et croître souvent a leurs dépens. — Les organesde la reproduction comprennent la fleur et ses accessoires, et le fruit. On peut considérer lesorganes de la fleur comme des feuilles modifiées, prenant naissance à l'extrémité de la tige oude ses divisions, disposées ordinairement en cercles (verticales) réguliers. D'après leur positionel leur rôle physiologique, on les divise en quatre classes. En procédant de l'extérieur à l'inté-rieur, on trouve le calice, la corolle, les étamines, et tout à fait au centre les pistils. Le caliceest ordinairement vert, herbacé et formé de petites feuilles (sépales) souvent soudées entreelles. La corolle, au contraire, ordinairement d'un tissu fort délicat, peinte des plus belles cou-leurs, se compose de pièces que l'on nomme pétales : ces pièces, comme celles qui constituentle calice, sont fréquemment soudées entre elles. Quand la soudure est complète , lacorolle, comme le calice, est un tube entier ; mais, selon que les parties de ces deuxorganes sont plus ou moins unies, ils offrent l'apparence d'un tube fendu plus ou moins pro-fondément ou denté au sommet. — Le calice est dit gamosépale quand il est formé de piècessoudées, et polysépale quand il se compose de pièces libres; la corolle s'appelle gamopétalelorsque les pétales sont soudés, et polypétale quand ils sont libres. — Le calice et la corolle nesont que les organes accessoires de la fleur, les étamines et les pistils en sont au contraire lesorganes essentiels. Vitamine, organe mâle, se compose essentiellement d'une anthère, et le plussouvent, en outre, d'un petit filet qui la supporte. — \'anthère est une espèce de petit sac conte-nant une poussière que l'on appelle pollen et dont chaque globule est une petite vésicule ren-fermant une liqueur fécondante. — Le pistil est l'organe femelle ; l'ovaire et le stigmate enforment les parties essentielles, le style manque quelquefois et n'en est que la partie accessoire.De ces trois parties, l'ovaire est la plus inférieure ; tantôt libre, au fond de la fleur, tantôt plusou moins enfoncé dans le réceptacle, il est renflé en forme d'œuf et contient dansson intérieur les rudiments des graines (ovules). Il porte le style qui se termine par .le stig-mate, organe qui reçoit le pollen. — La fécondation opérée, le calice tombe quelquefois; sou-vent la corolle et les étamines, le style et le stigmate, disparaissent; l'ovaire continue à s'ac-croître ; arrivé à son dernier développement, il prend le nom de fruit. Celui-ci se compose dedeux parties, le péricarpe et les graines. — Le péricarpe sec, membraneux, épais ou charnureprésente l'ovaire ; les graines sont les ovules développés. Ces deux parties ne sont pas tou-jours distinctes l'une de l'autre, et l'adhérence plus ou moins grande du péricarpe avec lesgraines fait paraître celles-ci nues. Mais ce n'est là qu'une apparence. — Le péricarpeest formé de trois parties : une extérieure, Vépicarpe ; une autre intérieure, qui re-couvre les graines, Y endocarpe, et entre ces deux premières une dernière, vasculaire,de nature variée , que l'on appelle mésocarpe. Quand l'ovaire est infère , le calicesurmonte le péricarpe. Le péricarpe coupé en travers présente une seule ou plusieurs