8 PRÉFACE
discourt pas. Les auteurs particuliers, au contraire, peuvent aller aussi loin que leur initiativeles conduit et qu'ils se sentent soutenus par l'opinion. C'est ce que nous avons fait, pournotre compte, dans l'exécution de l'Officine, où nous avons fait entrer les documents les plusdivers de nature et d'origine ; aussi mériterait-elle, peut-être, à bon droit, le titre de Pharma-copée universelle, que nous lui avons déjà appliqué plus haut. Si celle-ci vient un jour à êtreexécutée officiellement, nous croirons avoir beaucoup contribué à produire ce résultat.Depuis longues années, se trouvant dans les mains des Pharmaciens de tous les pays etservant déjà de lien entre eux, n'a-t-elle pas, en effet, insensiblement éveillé l'idée d'unlivre qui, consignant les types communs des principaux médicaments, constituerait ainsi unCodex international dont l'illustre Président de la commission de la Pharmacopée française de1866 a si bien et avec tant d'autorité fait ressortir les avantages pratiques?
Par sa base primitive et le fait des divers concours que nous venons d'énumérer, l'Officine estdevenue le centre du mouvement de la pharmacie pratique, l'inventaire ou compendium detout ce qui est acquis en notre art, et, marquant par conséquent la limite, le point de départ desprogrès ultérieurs, elle est devenue enfin, sous beaucoup de rapports, ce que nous demandionspour le Codex sous un seul, celui des formules, le guide et l'oeuvre de tous.
Dispensaire. — Toutes les parties de l'Officine ont reçu dans les éditions successives de nom-breuses additions. Pour en citer quelques-unes, nous signalerons d'abord la Revue des faits etdécouvertes qui honorent le plus la profession, mise comme introduction en lête de l'ouvrage, etque l'on pourrait appeler, à bon droil, les fastes de la pharmacie. Les Prolégomènes du Dispen-saire qui, dans la troisième édition, avaient reçu les articles : Élection ou choix des droguessimples, Succédanés, Classifications d'histoire naturelle, Nomenclature pharmaceutique, Classi-fications thérapeutiques, ont reçu dans la sixième édition de nouveaux documents, parmilesquels nous citerons des tableaux chimiques, dont nous devons les principaux à l'obligeancede l'une de nos illustrations scientifiques, à notre savant maîlre M. Balard, un Synopsis généraldu règne végétal, le Manuel des opérations pharmaceutiques, articles donnant à ce chapitre unevéritable importance. En effet, ces tableaux, que l'on chercherait vainement aussi completsdans les ouvrages spéciaux, synoptisant les sciences, servent ainsi de mémento précieux enépargnant de longues recherches. Le Dispensaire lui-même, principale partie de l'ouvrage,augmenté de l'histoire des substances ou des formules nouvellement introduites dans la matièremédicale, a reçu d'amples additions, et surtout de nombreux compléments d'articles.
Pharmacie légale. — La Législation pharmaautico-médïcale contient tous les documentsque le pharmacien peut avoir intérêt à connaître. Outre les lois, décrets et arrêtés relatifs àla profession, nous avons inséré de nombreuses noies qui donnent l'état de la jurisprudencesur les questions douteuses (1). Une table spéciale 1res détaillée, placée en têle de la tablegénérale des matières, permet de consulter cette partie de Y Officine utilement et rapidement.—
(1) La revision de toute cette partie a été confiée à M c Bogelot, avocat de la Société de prévoyancedes pharmaciens de la Seine, et l'un des jurisconsultes les plus compétents sur la matière.