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1 (1792) (1792)
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Des Âlimens des En fans* 43

en même temps exercer leurs gencives & amé-liorer leur nourriture , ils leur mettent ordinaire-ment dans Ja bouche un hochet, formé d'unmeta/ dur ou de criftal. Une croûte de pain eft ho I ^ e (1 r * dttle meilleur hochet pofllble; elle répond mieux nteui.ce quià cette intention : elle a en outre la propriété de p° é '£ r y fup 'nourrir l'enfant, & d'exciter l'écoulement de lafalive dans Yefiomac. La falive eft une liqueurtrop précieufe pour la laifler perdre (12).

(ia) Tout le monde fait ce que c'eft que la falive; mais Cequee'efttout Je monde ne faic pas de quelle importance elle eft dans ^ uela falive.l'économie animale. & que cette humeur claire, tranfparente,vifqneufc , eft unfttvon déterfif , affézfubtil , compofé de beau-coup d'eau & de matières falines & huilcufcs.

Ce font toutes ces qualités qui la rendent le meilleur Importan-¿ijfolvant connu. Sans elle, les alimens ne peuvent être cedelaftiivedivjfés convenablement : leurs molécules aqueufes & but- gg^L^/ea/'ís nepjuvent être unies,liéesentre elles,fans fon fecours.On a vu des perfonnes qu'une folution de continuité dans lalèvre inférieure, réduifit à un état de maigreur fi confidéra-bîe, qu'elles reffembloientà des fquelettes vivans , parce quela falive fe faifant un paiTage par ce défaut , étoit perdue pourle travail de la iligeßion.

Ceux qui falivent beaucoup, foit qu'ils en ayent cou- Pangersquî

réfultjnt de

traclé l'habitude, /bit qu'i/s exitent cette falivation en relul ^ c ! efumant, ou en mâchant du rabac, font, toutes chofes éf;a- f ^^les d'ailleurs, plus maigres, moins forts & plus languif-fans que les autres hommes. Le fameux RuiscH a guéri uneDame, habituée à crachoter fans cefie, & tombée dans unmarafme qui ôtoit toute efpérance de guérifon, en lui or-donnant de moins cracher , ¿<i de s'en déshabituer enfuitetotalement. Si la falive eft une fubftance fi nécelfaire à ladigtjlion , fi intérelïante pour la confervation de la fanté ,combien fa perte i 'eft-elle pas funefte à un enfant? Combienn'eft-on point coupable de la favorifer, en mettant dansJa bouche de cet enfant un corps dur, qui, forçant leslèvres & les deux mâchoires d'être fans ccffe entr'ouvertes ,fourniflent un paffage à la falive , qui coule d'autant plusabondamment à l'extérieur, que l'enfant fait plus de mou-vcmejis avec fes mâchoires? Car il eft de fait que la falive