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LA FRANCK ALLIÉE DU PORTUGAL
Il est probable qu’Olivier Le Roux rapporta de Portugaltoutes les assurances que Louis XI demandait en ce qui con-cernait l’Angleterre, ainsi que des renseignements satisfai-sants sur les chances de résussite qu’Alphonse V pouvaitavoir. Le roi de France pensa qu’il aurait tout avantage àappuyer ce prince, puisque les Rois Catholiques ne consen-taient pas à l’abandon de la Cerdagne et du Roussillon. Bienqu'il eût reconnu, quelques mois auparavant, les droitsd’Isabelle à la succession de Henri IV, il se détermina àsoutenir le souverain portugais 1 qui avait déjà pris le titre deroi de Castille, et à renouveler avec lui les traités d’alliancequi depuis Alphonse XI unissaient les deux pays. D. Alvarode Attaide, chevalier, conseiller d’Alphonse V, et le licenciéJuan Delvas, procureur fiscal, arrivèrent en France au débutde septembre 1475 : ils étaient munis d’un pouvoir que leurmaître leur avait remis à Plasencia le 3 juin, et qui les auto-risait à traiter avec Louis XI et ses délégués, à confirmer lesanciens pactes d’amitié et à y apporter les modifications né-cessaires. Le 23 septembre, à Paris on rédigea un instrumentqui reproduisait exactement les dispositions arrêtées au débutdu règne de Henri IV 2 . On avait donc procédé au renou-vellement de l’alliance dans la forme traditionnelle; en outre,dès le 8 septembre, par un acte daté de la Victoire près Sen-lis, Louis XI s’était engagé à venir le plus tôt possible enaide à Alphonse V contre Ferdinand : il avait été convenuque toutes les villes et forteresses prises dans les royaumesd’Aragon et de Valence seraient remises au souverain de Cas-tille ; celles dont on pourrait s’emparer dans le Roussillon, laCerdagne et les îles Baléares appartiendraient au roi deFrance 3 . C’était, on le voit, une véritable ligue dirigée contreles Rois Catholiques: ceux-ci en triomphèrent d’ailleurs assezfacilement, les Portugais furent vaincus et forcés de se retireren 1476, et les Français mirent inutilement le siège devant
1. Le roi de Portugal était entré en Castille dès le mois de mai etavait remporté d’abord quelques avantages. Zurita ( op. cil., t. IV, p.227 r°, col. 1) rapporte d’après Alonso de Palencia que Louis XI auraitobtenu pour prix de son concours la province de Biscaye.
2. Arcli. nat., J. 605, n° 81, pièce just. n° 68.
3. Lenglet-Dufresnoy, Preuves des Mémoire ,s de Comines, t. III, p.406. La Victoire, abbaye de chanoines réguliers de Saint-Augustin,commune de Senlis.