LOUIS XI UT LU MAKOl'lS DU YILI.UNA 121
digo *, qui est à dix lieux de l’entrée de Portegal et a douzede la cité de Salamanca ». Villena faisait aussi savoir àLouis XI que la fille de Henri IV était dans une placede sûreté, et qu’il la gardait « pour la bailler au Roy de Por-tegal pour femme ». Il le priait de faire pousser vigoureuse-ment le siège de Perpignan 1 2 , et de continuer la guerre enCatalogne et en Aragon, promettant que lui et les siens met-traient « en sa grant estret au roy de Cecille 3 ».
Le roi de France répondit à l’envoyé du marquis, et lechargea de dire à son maître 4 qu’il avait été « fort desplai-sant » de la mort du maître de Santiago « comme del'un de ceulx de tout le monde ou il avoit plus d’amour et deconfiance ». Il le mettait aussi au courant de la venue duhérault’Lisbonne et de l’envoi en Portugal de maître Olivier LeRoux pour faire « toute ample responce si bonne et favorableque ledit roy de Portugal en devra estre content, car le roya toujours aymé ledit roy de Portugal pour ses biens et vertuset encores le ayme et a désir de le avoir a bon amy et alyé, eta la dite matière très favorable ». Il l’avertissait que Fer-dinand et Isabelle lui avaient fait demander par Fernando dePulgar de restituer au roi d’Aragon le Roussillon et la Cer-dagne, « et que autrement, veu que c’estoit la question de leurpère dont ilz devoyent estre successeurs, ilz ne pourroient avoir
bonne alliance au roy. Pour leur faire responce, sur celle
matière, et leur signiffier que le roy tient les diz contez deRousscillon et de Sardaigne (sic) a bon et justre tiltre et n’apas entencion de les leur rendre ne restituer pour quelquechose qui puisse avenir, mais les garder et deffendre en-vers et contre tous ceulx qui quelque chose y voldroyent de-mander, le roy a envoyé devers les diz roy de Secille et roynesa femme, maistres Charles de la Vernade et Jehan de Van-daigno et maistre Glaude (sic) de Crillon(?), ausqueulx ne aautres quelcunquez le roy n’a baillé povoir ne faculté de faireaveques eulx quelque aliance, tracté, confédéracion ne autrechose, mais seulement leur remonstrer les droiz que le roi aesdiz pays et contez de Roussillon et de Sardaigne. »
1. Ciudad Rodrigo, prov. de Salamanca.
2. Perpignan avait capitulé le 16 mars.
3. Ms. lat. 6021, fol. 192, imprimée en partie par Lenglet-Dufresnoy,op. cil., t. III. p. 157.
4. Ms. lat. 602'.., fol. 190.