Si. RENOUVELLEMENT DE L’ALLIANCE (H35)
connétable D. Alvaro de Luna 1 , de D. Knrique de Villena 2 ,des comtes de Benavente et de Castaneda, de l’adelantadoPedro Manrique 3 , de l’archevêque de Tolède, D. Juan de Cere-zuela et do D. Pedro de Castille, évêque d’Osma, Denis duMoulin exposa l’objet de son ambassade. Il montra les rai-sons pour lesquelles les deux princes se devaient mutuelle-ment aider, il rappela la guerre anglaise et le besoin qu avaitle roi de France d’un secours effectif. Il parla longuement ettrès bien, dit le chroniqueur : « lo cual dixo por muclias pala-bras e muy bien diclias ». Jean II répondit qu il prenait actedes requêtes qui lui étaient adressées, qu’il y réfléchirait etferait connaître sous peu sa volonté. Le dimanche suivant,les délégués de Charles VII dînèrent à la table royale etfurent traités avec magnificence. Ils soupèrent aussi chez leconnétable et chez l’archevêque de Tolède. Le 20 janvier, le
1. Alvaro de Luna, connétable de Castille et grand-maître de Santiago,est un des personnages les plus fameux du xv e siècle espagnol. Filsnaturel d’un seigneur aragonais, il fut amené à la cour en 1408 parson oncle D. Pedro de Luna, archevêque de Tolède, et fut le camaraded’enfance du roi Jean IL Après la condamnation de D. Ituy LopezDavalos, il obtint la connétablie et le comté de San-Esteban de Gormaz(prov. de Soria, dist. jud. de Burgo de Osma). Il prit sur son maître uneinfluence considérable et' gouverna réellement l’état. Les menées desgrands forcèrent par deux fois le prince à se séparer de son favori :deux fois, D. Alvaro revint plus puissant. Jean II finit cependant parse lasser de ce joug ; Alonso Ferez de Vivero, contador mayor, ayantété assassiné en 1453, le connétable fut accusé d’être l’auteur du crime.Mis en jugement et condamné, il fut décapité à Valladolid le 5 juilletde la même année. (Cf. Fernan Perez de Guzman, op. cil., p. 75, et laCronica de D. Alvaro de Luna, édition de L>. Josef Miguel de Flores,Madrid, 1784, in-4°).
2. D. Enrique de Villena était fils de D. Pedro et petit-fils de D. Alonso,marquis de Villena et duc de Gandia, premier connétable de Castille,qui avait épousé une fille naturelle du roi Henri IL C’est une desfigures les plus originales de cette époque : homme d’étude, esprit cu-rieux, il s’occupa de littérature et s’adonna aux sciences, négligeantcomplètement la politique et délaissant ses propres intérêts. Ami despoètes ses contemporains, il fut loué par le marquis de Santillana etJuan' de Mena ; il s’acquit d’autre part un mauvais renom, fut accuséde pratiquer l’astrologie et la sorcellerie. Après sa mort, survenue à lafin de 1434, Jean II ordonna que ses livres fussent examinés parFray Lope de Barrientos, qui en fît brûler un certain nombre. (Cf,Fernan Perez de Guzman, op. cil., p. 710 et Cronica de D. Juan II.éd. cit., p. 519.)
3. I). Pedro Manrique, quatrième du nom, huitième seigneur d’Amuscoadelantado de Léon, appartenait à la famille des Manriques, sa mère étaitD" Juana de Mendoza. Il naquit en 1381 et mourut à Valladolid en 1440.(L. de Salazar y Castro, Casa de Lara, t. II, p. 11 et suiv.)