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Étude sur l'alliance de la France et de la Castille au XIVe et au XVe siècles
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EXPEDITION CONTRE I.ANfîWCTERRE (140r.)

armes, des arbalètes et beaucoup de couronnes: Il lui donnajusquà des arbalétriers de sa maison pour monter sur les ga-lères. » Pero Nino aborda à La Rochelle 1 Charles de Sa-voisy vint le rejoindre avec deux galères équipées à ses fraisavec le plus grand luxe 2 3 . Ils partirent et trouvèrent à Brestla flotte de Castille sous les ordres de Martin Ruiz de Aven-dano; mais ils ne purent décider ce capitaine à les accom-pagner dans lexpédition quils méditaient et qui avait pourbut de ravager les côtes dAngleterre, « car ainsi quon levit bien par la suite, lui et ses gens navaient voulu autrechose que de faire profit avec les marchands quils avaientamenés 2 ». Savoisy et Pero Nino réduits à leurs seules forcesnabandonnèrent point leur entreprise, dont Gutierre Diaz deGainez nous a laissé un très curieux récit 4 . A propos de linactionde Martin Ruiz de Avendafïo et des nefs quil commandait,lauteur du Viclorial explique comment il arrivait que labonne volonté du roi de Castille fût souvent inefficace et neproduisît aucun résultat pour la cause do son allié. Ce passageest trop caractéristique pour que nous ne le citions pas en en-tier : « Presque toutes les fois que le roi arme une flotte, iladvient que les capitaines, dès quils sont hors de la vue duroi, nont dautre souci que leur profit. Sils vont à laide dunautre royaume, ils reçoivent paie de deux côtés, et semettent en tel lieu ils ne peuvent avoir affaire aux ennemis,mais ils peuvent piller les amis sous prétexte quils ontbesoin de vivres. Sils rencontrent des vaisseaux marchandsde Castille, ils leur prennent ce quils portent, prétendantquils no peuvent laisser mourir de faim leur monde; ils leurdisent de réclamer auprès du roi lequel les dédommagera, etle pauvre marchand sen va dépouillé. Il na pas été volé parles ennemis, mais par les amis. De cette sorte, ils ne fontaucun bien, pillent les pays ils sont envoyés pour servir ;puis ils sen reviennent. De leur monde, les uns ont été tués,les autres sont renvoyés avec mauvaise paie; eux sont riches.Ils ont causé au royaume de grandes dépenses et nont faitque le diffamer 5 . »

1. Le Viclorial, cd. cit.,p. 210.

2. Ibidem, pp. 269, 270.

3. Ibidem, p. 273.

4. Ibidem, pp. 274-326.

5. Ibidem, ùil. cit., pp. 273 et 27i.