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Calais. Un chevalier renommé pour sa bravoure, Charles deSavoisy, fut envoyé en Espagne. Le roi de Castille, si l’onen croyait le même auteur, aurait fait le meilleur accueil aumessager de son allié, mais n’aurait promis de vaisseaux quepour l’année suivante. Des murmures se seraient élevés à lacour de France, quand cette réponse fut connue ; on auraitaccusé Henri do manquer à ses engagements et de subirl’influence de sa femme, Catherine de Lancastre. Mais peu detemps après, des ambassadeurs castillans seraient venus an-noncer que la flotte de secours avait quitté l’Espagne. Savoisy,traité d’imposteur, aurait en présence du roi et des princes jetéson gant et défié quiconque trouverait sa conduite blâmable:le chroniqueur ajoute que personne n’osa relever ce défi '.
Il y a lieu, croyons-nous, do ne pas ajouter foi à ce.tétrange récit. D’après la source espagnole la plus importantepour cette époque si pauvre en documents, la chronique connuesous le nom de « El Yictorial 1 2 », nous apprenons que des am-bassadeurs français vinrent, en 1405, réclamer des secours;ils arrivèrent en Castille au moment où Henri III célébraitpar de grandes réjouissances la naissance de l’infant D. Juan.Le roi n’hésita pas à aider son allié et il décida que la flottemouillée à Séville serait armée sans retard ; mais, comme cetteopération exigeait un certain délai et qu’une fois prêts lesnavires auraient encore un long chemin à parcourir avant deparvenir dans les eaux françaises, il ordonna d’équiper entoute bâte à Santander trois galées qu’il plaça sous le com-mandement de Pero Nino, comte de Buelna. En outre, il fîtarmer des nefs et prescrivit à leur capitaine, Martin Ruiz deAvendano, de partir au plus tôt avec Pero Nino. Le roi leurrecommanda « de s’attendre, de vivre en bonne intelligenceet de se faire bonne compagnie, encore que nefs et galères nopuissent que rarement se tenir ensemble puisque chaque nuitles galères cherchent la terre tandis que les nefs tiennent lelarge... Le roi fit donner à Pero Nino les choses nécessairestrès largement, et comme il avait coutume de le faire : des
1. Chronique du Religieux de Saint-Denis, éd. cit.. t. III, pp. 158 et160.
2. Le Yictorial, chronique de D. Pedro Niùo, comte de Buelna, parGutierre Diaz de Gamez, traduit par le comte Albert de Circourt et lecomte de Puymaigre, Paris, 1867, in-8°, pp. 206 et 207. V. aussi à lafin du volume note 8, pp. 558 et 559.