CHAPITRE III
IIK N RI II(13G9-I379)
La victoire du comte de Trastamara était un succès pour laFrance : Charles Y ne s’était pas borné à donner un asile auprince exilé, il lui avait fourni les moyens de préparer lesexpéditions à la suite desquelles il était devenu roi, et il luiavait prêté ses meilleurs hommes de guerre. Il avait ainsicombattu les Anglais sur un nouveau terrain et les avaitvaincus. En effet, comme nous l’avons dit, l’amitié franco-castillane renouvelée au début du règne de Pierre I or , aprèsêtre tombée dans l’oubli, avait fait place à une hostilité décla-rée. A deux reprises, le prétendant avait été soutenu par laFrance, tandis que le souverain légitime s’appuyait surl’Angleterre. Pierre ayant disparu, il était naturel queCharles V recueillît les fruits de sa politique et que laFrance reprit la première place dans les alliances de laCastille. C’est ce qui arriva : Henri, une fois roi, n’ou-blia pas les services rendus à sa cause, et on peut dire qu’ilne négligea point de les payer de retour. C’est sous sou règneque les bénéfices de l’accord furent le plus abondants pourla France, surtout à cause des secours maritimes prêtés dansla guerre contre Édouard III, et grâce auxquels il fut pos-sible de lutter victorieusement contre ce redoutable adver-saire.
Nous avons vu, dans le chapitre précédent, que le traitésigné devant Tolède, avant même que Henri fût le maîtreincontesté, unissait étroitement les deux souverains ; nousallons constater que leur bonne entente dura jusqu’à lamort. Et d’abord, il importait que les obligations des deuxalliés fussent exactement définies : or, l’instrument rédigé le20 novembre 1368 contenait quelques articles obscurs ou