Druckschrift 
2 (1740) Lettres B - CHEG
Entstehung
Seite
13
Einzelbild herunterladen
 

C A G-

puiflent apprendre leur Langue, les Cafres néanmoins apprennentailëment celle des Etrangers, & il y en a beaucoup qui lë font en-tendre en Flamand. Ces peuples ne font pas beaucoup detat destoiles, des étoffes & des laines, des miroirs , ni des lbnnettes, dontles Nègres font fi amoureux; mais ils eftiment le fër, le cuivre,le laiton, les haches, les couteaux, & autres pareils mftrumens.Ils aiment aulli le corail, le tabac, & l’eau de vie. Ils donnentune vache pour deux pièces de laiton de la largeur de la main,avec un morceau de tabac. A l’égard de leur Religion, ils recon-noiilènt qu’il y a un Etre Souverain, auquel ils donnent le nomde Humma ; mais il ne l’adorent guéres que quand il leur envoyé dubeau tems, 6c ils fe plaignent de lui, lorsque le vent ou la pluye,le froid ou la chaleur les incommodent. Us rendent aulli quelqueculte à la lune, 6c lorsqu'elle commence à parôitre, ils pailent tou-te la nuit à chanter 6c à danfer. On apprend par les nouvelles Réla-tions que le pats vers le Cap eft rempli de montagnes fort hautes :elles ne parlent d’aucune ville ou lieu conüdérable, mais feulementde quelques golfes & de quelques terres, comme la Côtedéferte, laTerre de Natal, la Terre des Fumées, la Terre des Naonétas, laBaye de Saldaigne, celles de la Table, de Saint-Sébaftien, deSaint-Blaife, de Sainte-Catherine, de Saint-François, 6c la Bayede Lagoa, ou du Marais. Depuis l’an 1653, les Hollandois ontcommencé de s'habituer en ce païs-là, en fàiiànt un Fort près de laBaye de la Table au Cap de Bonne-Efpérance, avec une Colonieauprès, qui devient tous les jours plus conüdérable. Depuis quel-ques années ils ont fait une habitation allez forte qu’ils nommentHellenbock, à dix lieues avant dans le pais, ainfi qu on l’apprenddes Réiationsdu Chevalier de Chaumont, & de l’Abbé de Choi-fi, qui ont paflé en ces quartiers, en allant à Siam dans les IndesOrientales. * Dapper, Defcrift.de l’Afrique. Ludolf, Bijl. Ethiop.I. 1 .

C A G.

C A G A J O N, Voyez. Ségovie, où il eft dit un mot de Ca-gajon, que les Efpagnols nomment la Nouvelle Ségovie.

C AGALGAR, lieu ou paflàge très-fort dans les montagnesde la Tranfoxane, où il y a une porte qui ferme l'entrée aux Na-tions Barbares du Septentrion, dans fo."plaines fertiles de cette pra-g vince. On dit de ce lieu, qu’il a la tête au ciel & le pié dansl’eau. * D’Herbelot, Biblioth. Orient.

' CAGAN , ou GAGAN, nom qu’on croit avoir étécommun aux Rois des Huns. Un d’entre eux fe jetta avec fes trou-pes fur les terres de Sigebert Roi d’Aullrafie, fur la fin du VI fié-cle. Ce Prince les vainquit d’abord ; mais étant revenus deux ansaprès en 571 ou 572, au lieu d’armes ils fe fervirent d’enchante-mens. Ce qui épouvanta fi fort les François qu’ils furent inveftistins fe pouvoir defëndre. Sigebert ne put fortir de cette extrémitéqu’à lbrce d’argent, & en leur fournilfant encore des vivres dont ilsavoient befoin. * Grégoire de Tours, l. 4. ch. 23. & 27. Ai-moin, l. h -ch. 6. & 11.

* C AG ANUS, Roi des Avares, dans la Scythie Européen-ne, ayant tué Gifulfe, Duc des Lombards en Italie, & alïiégeantla ville de Frioul en 612, avec une puifiànte armée, fut vu par Ro-milda femme de Gifulfe, lorsqu’il vifitoit fes troupes dans le camp :6c cette Princeflè fut fi charmée de la beauté de ce jeune Roi,qu’elle lui fit lavoir que, s’il vouloit l’épouler, elle lui livrerait laville. Ce Barbare accepta les offres, entra dans la ville, & la pritpour femme pendant un jour: mais le lendemain ill’expolà à dou-ze jeunes foldats, pour alfouvir la paffion de cette Princeflè lafcive6c impudique, après quoi il la fit empaler. Il ne fut pas contentde cette inhumanité, il fit fortir tout le peuple de la ville, y mit lefeu, & brûla toutes les richeflès que les Princes Lombards y avoientrenfermées depuis longtems comme dans un lieu de sûreté. * Sa-bellicus, 1.6.

* C A G A N U S fous l’empire de Maurice, fit vers les an-nées 398 & 601 une invafion dans la Thrace ; mais il 1e laifla por-ter a faire la paix par Prifcus Général de l’Empereur & par Théo-dore Ion Médecin. Mais s’étantjetté une fécondé fois fur la Thra-ce, la moitié de fon armée mourut de la pefte, & perdit en unjour fept de fes fils. Il avoit réfolu d’affiéger Conflantinople, maisil ne put exécuter fon deflèin. * Cr. DiB.Univ. Bell. Nicéphore,

l. 18. é* 19-

CAGLI ou CAGLIO, Cale, Calh & Callium, ville d’I-talie dans le Duché d’Urbin, dans l’Etat Ecclefiallique, avec Evê-ché futfragantd’Urbin. Elle a eu durant quelque tems le nom deCitéfaint-Ange. Cagli eft fituée au pié des montagnes, vers leconfluent de la rivière de Cantiano & deBaofo, entre Urbin &Eugubio. * Cluvier. Sanfon. Baudrand.

C A G L 1 A R I, CAGLIER ou CAILLER I, enLatin Calarif, ville capitale de l’ifle de Sardaigne avec Archevêché& Univerfité, fituée fur une petite montagne, aji bord de la mer,avec un bon château & un grand port, eft divine en trois bourgsdifférens. Outre fon commerce qui la fait valoir, elle eft encorehabitée par une partie de la Nobleflè de l’Ifle. Elle donne fonnom à un Cap voifindit Cape Cagliari, Calaritanum Vromontorium ,6c au Golfe de Caglier, Calaritanus Sinus. Ce Golfe eft le plusgrand de tous les Golfes qui font fur la côte de l’Ifle. Pline, Tite-Live, & Pomponius Mêla, parlent de Cagliari qui eft une villetrès-ancienne. Il en eft aufli fait mention dans l’Itinéraii ed’Antonin, & dans Claudien. Elle appartenoit autrefois aux Pi-fans, mais Jacques II, Roi d’Arragon, la prit fur eux en 1330, &depuis ce tems elle a été foumife aux Efpagnols, aufli bien que lerelie de lblle , qui a été cédée au Duc de Savoye. Le Vi-ceroi y fait fon féjour ordinaire. Ç’a été la patrie de faint HilairePape; & Martin Roi de Sicile y mourut en 1409. Cette ville ades privilèges finguliers. Le fiége métropolitain y eft fondé dèsles premiers fiéclesdu Chrillianifme, puisque le célébré Lucifer enétoit Prélat fous l’Empire de Conftantin le Grand, & de Conltantin

C A G. 13.

le Jeune. Il y a un Ouvrage Latin imprimé l’an 1639, à Cagliari.fous ce titre, Defenjio[anBitatis B. Luciferi, nec non primatàs Archie-pifcopi Calaritani. Cagliari étoit la Métropole civile de Sardaigne,& desilles d’alentour: elle fut aufli dans la fuite Métropole ecclé*fiaftique; elle 1 étoit au moins en68i, du tems du PapeAgathon.Quelques uns ont prétendu qu'avant ce tems-)à elle avoit été immé-diatement foumife à l’Egltiè de Rome. S. Saturnin fut martynfé encette ville du terns-Ue Dioclétien vers l’an 303. Il a été confidérécomme le Patron de toute l ifte de Sardaigne. Lucifer honoré com-me faint dans l’ifle de Sardaigne, quoi qu’Auteur d'un Schifmedans l’Eglife, étoit Evêque de Cagliari, ainfi qu’on l’a déjà dit.Saint Eulebe, qui fut depuis Evêque de Verceil, étoit né dans laville, ou du moins dans le territoire de Cagliari. * Baillet, Topogr.des Saints. Tite-Live, l. 30. Léandre Alberti, Defcr. Ital. Le Mi-re, Notit. Eptfc.Orbis.

CAGLIARI (Paul) Cherchez. C A L I A R I.

CAGLIO. Voyez, CAGLI.

CAGNATI (Marcilio) de Vérone en Italie, célébré Mé-aecin, a vécu au commencement du fiécle pail'é, iousle Pontificatde Clément VIII 6c de Paul V. Il étudia à Padoue fous Zabarelli& fit un très-grand progrès dans les Langues, dans les Belles Let-tres, dans la Philofophie & dans la Medecine. On le choifit entretant de grands hommes qui floriflbient alors en Italie, pour enfeignerà Rome, où il paflà le refte de fa vie. Cagnau étoit fort mélancho-lique, il paroilfoit mêmelévére, & ne parloitqu’avec peine; maisil s’exprimoit pourtant dans les occafions avec une admirable làci-lité, 6c avec beaucoup d’eloquence. Nous avons divers Ouvragesde fa façon, De fanitate tuenda, lihri duo', Opufcula varia , &c. JanusNicius Erythræus, Vin. I. Imag. Illujlr. c. 32. Vander Linden, deScript. Medic.

C A G N AZZO, (Jean ) Religieux de l’Ordre de S. Domi-nique, eft connu fous le nom de Tabienjts, bien que le lien fût Ca-gnazzo. Il prit l’autre du lieu de fa nailfance, qui eft un bourg furla côte de Gênes 6c dans le Diocefe d’Albinga. Ce bourg eft au-jourd’hui fameux par fes bons vins mufcats. Jean de Cagnazzo futami du Cardinal Cajétan, auquel il dédia la Somme des Cas deConfcience, qu’on appelle ordinairement , Summa Tabiena , ouSumma Summarum. Il mourut en 1321. * Bellarmin, de Script.Ecclef. Léandre Alberti, Defcript. Ital. Antoine de Sienne, de Iliujl.Domin. Soprani, Script. Ligur. Echard, Script. Ord. Prad.

CAGNOLI (Jérôme ) Jurifconfulte célébré, étoit de Ver-ceil, dans le Piémont, 6c fut nommé par le Duc de Savoye Con-feiller d’Etat, & Chevalier de l’Ordre de faint Lazare. Il protèflàaflez longtems à Turin, puis à Padoue, où la République de Ve-nife l’attira, 6c où il mourut le premier février 1331, âgé de 39ans. Il a compolé divers Ouvrages, Varia Legum Enarrationes , devita & regimine boniVrincipis, &c. * Thomafini, in Elog.

CAGNOLI (Belmonte) connu fous le nom de l’Abbé Ca-gnoli, Italien de Nation , s’eft diftingué au commencement duXVII fiécle. Il avoit quelque érudition, mais fes talens étoientoblcurcis par de grands défauts. Il a laiflé divers Ouvrages en pro-fe, & envers, comme un Poème de la réduction d’Aquilée, unEloge de faint Grégoire le Grand, &c. * Janus Nicius Erythræus,Vin. 1. Imag. Illujlr. c. 8. Le Mire, de Script. Sac. XVII.

C A G O T S, ou CAPOTS. Ceft le nom de certainesFamilles habituées en Béarn & en plufieurs endroits de Gafcogne,defcendues, félon quelques uns, des Viligoths, qui relièrent ences quartiers après leur déroute générale. Us font cenfez ladres &infeéts, & par un article de la Coutume de Béarn, & par l’ufagedes Provinces voifines, il leur ell défendu très-févérement de femêler avec le refte du monde. Dans les Eglifes, ils ont une por-te féparée, pour y entrer avec le bénitier & leurs fiéges pour toutela famille : ils font logez à l’écart des villes & des villages. En plu-fieurs endroits les Prêtres ne veulent pas les recevoir à la Confef-fion. Ils font Charpentiers, & ils ne peuvent porter d’autres armesni ferremens que ceux qui font propres à leur travail. Us ne fontpoint reçus en témoignage. L’ancien For de Béarn leur fàifoit cettegrâce, de prendre fept témoins d’entre eux, pour en valoir un d’unautre homme du commun. On croit qu’ils ont été appeliez Cagotscomme pour dire, Caas Goths, c’eft à dire, Chiens Goths ; ce re-proche leur étant relié de même que le foupçon de ladrerie, enhaine de l’Arianifme, dont les Goths lailoient profèlfion, & des ri-gueurs qu’ils avoient exercées dans ces pais. Us font tous Char-pentiers, parce, dit-on, que pour peine de leur fervitude, on leuravoit impofé la nécelfité de couper le bois, comme les Ifraëlites fi-rent aux Gabaonites. En 1460, les Etats de Béarn démandérent àGallon de Béarn, Prince de Navarre, qu’il leur fût défendu demarcher piez nuds par les rues, de peur d’infection ; & qu’en casde defobéïflànce, on leur perçât les piez avec un fer ; 6c qu’ilsportaflènt fur leurs habits leur ancienne marque de pié d’oye ou decanard, animal aquatique, & qui fe lave fouvent, pour marquerqu’ils étoient immondes, & qu’ils avoient befoin d être lavez. Onles a aufli appellé GézBatins, comme defcendans de Giézi, Serviteurd’Elifée, quifut frappé de lèpre. * Marca, Hijioire de Béarn, l. x.ch. 16.

C A G U A Y, (le Port de) ou le Tort Royal, c’eft un grandPort, ou un petit Golfe, qui eft dans la côte Méridionale de la Ja-maïque, à l’embouchure de la rivière de Gaguay. C eft fans doutele même qu’on nomme dans plufieurs Cartes le Port de l'Aguia.

* Maty, DiB. Géogr.

C A G U R RI A , Bourg de la Navarre, fitué fur une petiterivière, aux confins de la Caftille Vieille, environ à trois lieues deLogrono, du côté du Levant. On prend communément Cagur-ria pour l’ancienne Gracuris, que quelques uns pourtant placent auBourg d’Agréda. * Maty, DiB. Géogr,

B 3 C A H,

♦