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fez par Byzas, arriére-peiit-fils d'Inachus Roi d’Argos. Sa mèreCéroëflà, l'eut, difent ces Auteurs, de Neptune. Elle étoit filled’Io, qui l'avoit eue de Jupiter; & Neptune avec Apollon aidaEyzas à bâtir les murailles de fa nouvelle ville. Il eft furprenantque des Ecrivains Chrétiens ayent pu débiter de pareilles rêveries.Il y en a d’autres, comme l’Auteur de la Chronique, qui fuppolkntle lieu déjà habité , difent que Barbyfe qui en étoit Seigneur, euttue fille nommée Phidalie, qui l'aggrandit confidérablement, &que Byzas Roi de Thrace époufa enfuite ; mais Denys de Byzancene fait pas f honneur à cette femme, de la croire mariée, & il aimemieux dire qu’elle ne fut que la Maîtreffe de Byzas ; ce qui lui atti-ra, dit-il, l’indignation de Ion père, qui l'effraya tellement, quel-le alla fe précipiter dans la mer, au lieu que l’on appella depuis leGolfe de Phidalie. Cela’ ne s’accorde pas fans doute avec ce qu’onlit dans Etienne de’ Byzance, & dans Héfychius de Milet, que ceGolfe fut nommé de Phidalie, parce qu’en l’abfence du Roi By-zas , cette femme fut conferver la ville malgré la révolté de Stræ-bus lbn beau-frére, quelle mit en fuite , 8c quelle pourfuivit juf-qu’à ce Golfe, d’où vient qu'on appella un port qui étoit tout proche,le fort des femmes. Quelques Anciens ajoutent que Byzas fut en fontems, le plus jufte de tous les hommes, 8c qu'il fut maître de toutela Thrace maritime , jufqu’au Mont-Hémus ; mais il y en a d’autresqui penfent bien autrement, & fi on s’en rapporte à eux , Byzas nefut que le Chef d’une Colonie d’Argiens ; ce qui peut paraître allezvrai-femblable, quoique ces Ecrivains ne s’accordent pas tout à faitentre eux , 8c qu’ils rapportent différens Oracles rendus à ces A-vanturiers. Celui qui eft le plus célébré, & qui pourrait bien êtrele vrai, eft aulft le plus court, Cherchez, le lieu oppofé aux terres desaveugles. En eftêt, dix-fept ans auparavant, comme l’aflitre Héro-dote , une troupe de Mégariens étoit venu chercher un étabhlîèmentdans ces quartiers-là 8c l’avoit fait à Chalcédoine, lieu bien moinsavantageux que celui que les Argiens conduits par Byzas occupèrent:d’où vient que l’Oracle traitoit les Habitans de Chalcédoine à'Aveu-gles. Il y a un aflèz bon nombre d’Ecrivains qui veulent que cefoitles Mégariens qui ayent fondé Byzance, de même que Chalcédoi-ne & Sélymbrie, & même fi le témoignage de Conliantin Porphy-rogénète eft de quelque poids, il y avoir des Boëtiens avec eux ;mais c’eft peut-être parce que Dinias Prince de Chalcédoine s’em-para de cette ville encore foible , & Rétablit une partie de les Ci-j toyens. Comme tout cela eft fort incertain, nous nous contente-rons d’oblèrver, que Byzance paraît avoit été fondée, comme ledit Eufébedans fa Chronique , la troifiéme année de la XXX O-lympiade, qui eft la 658 avant Jefus-Chrift. On fait mention deByzance dès le régne de Darius, fils d’Hyftafpès, mais comme d’u-ne ville peu-confidérable , qui fut d’abord fous la domination de cePrince, 8c enfuite fous celle des Ioniens. Xerxès I, qui en fut lemaître enfuite, ne la garda pas long-tems : car Paufanias Roi de La-cédémone, l’ayant pris, y établit une bonne Colonie. Sept ans a-près, les Athéniens s’en emparèrent, mais on les en chaflà enfuite,& les Lacédémoniens y étant rentrez, y établirent des Magiftratsqu’ils nommèrent Harmojîes. Les guerres de ces deux peuples tou-jours jaloux de la gloire l’un de l’autre, contribuèrent beaucoup àafiùrer la liberté des Byzantins : ils fe donnèrent des loix à eux-mêmes, créèrent des Magiftrats qu’ils nommèrent Hiéromnémones ,& fe trouvèrent bientôt en état de faire tête aux Macédoniens. Laplus célébré guerre qu’ils foutinrent alors fut celle contre Philippefils d’Amyntas, Roi de Macédoine, dont Léon de Byzance eut lecommandement. On en avoit autrefois une Hiftoire écrite parLéon même, en fept livres, 6c les Athéniens conduits par Charèsy avoient rendu de grands fervices aux Byzantins, qui eurent auffiquelques démêlez avec les Thraces qu’ils vainquirent. Cléarquede Lacédémone, fugitif de fa patrie, ayant été appellé enfuite à By-zance , s’y empara de toute l’autorité, 6c il y eut depuis des Harmo-fles de Lacédémone ; mais la fortune de Philippe 8c d’Alexandrele Grand fon fils ayant changé toute la face de la Grèce, Byzance feremit en liberté fous leurs fucceiïèurs, 6c elle fut la conferver mal-gré les attaques des Gaulois, 6c des Rois de Syrie. Enfin tout fefoumettant aux Romains, Byzance s’y fournit auffi, mais volontai-rement, 6c d’une manière tres-avantageufe, puisqu’en lé donnantdes Maîtres engagez à fa confervation, elle retint le droit de fe gou-verner par fes propres loix, 8c qu’elle devint l’entrepos d’un com-merce plus floriflant< Les Auteurs remarquent quelle devint alorsune des villes les plus confidérables de l’Empire par fes richeftès,& par le grand nombre de fes Habitans ; 6c quelle jouît du droitde Métropole fur quelques autres villes ; mais elle perdit une par-tie de ces avantages fur la fin du fécond fiécle de l'Ere Chrétienne.Car Pefcennius Niger qui avoit été déclaré Empereur par l’armée deSyrie, ayant mis une forte garnifon dans Byzance, 6c les Habitanss’étant joints à la garnifon, les Généraux de Septime Sévére y mirentle-liège, qu’ils changèrent enfuite. en blocus ; 6c cette ville ayant étécontrainte de fe rendre au bout de trois ans, fes murailles, fes ther-mes, fes édifices publics furent renverfezjon lui ôta fa liberté, 6c onla réduifit en forme de bourg dépendant de Périkhe. C’eft à cau-fe de cette dépendance, que lors même que l’Elfe de Conftanti-nople devint patriarchale, il étoit d'ufage que le Patriarche élu fûtconfirmé par le^ Métropolitain de Périnthe ou Héradée. Sévéres'apperçut bientôt qu'il s’étoit livré trop aveuglément au plaifir de fevenger de la peine que lui avoient faite les Byzantins, ôc que la fi-tuation de Byzance étoit trop importante pour la négliger: ainfiil ordonna qu’on la rebâtît, 5 c Antonin Caracalla fon fils ayant ache-vé de la rétablir , voulut qu’elle fût appellée la ville Antonienne Att-gufie des Byzantins. Cette ville fut encore plus maltraitée fous le ré-gne de Gallien, par quelques troupes de cet Empereur, qui fe li-vrant à l’efprit de révolté , fi ordinaire dans ces malheureux tems,égorgèrent tous les Citoyens pour s’enrichir de leurs dépouilles ; deforte qu’il ne refta des anciennes familles de cette ville, que ceuxque leur commerce, où d’autres affaires , en avoient éloignez.Quelques années après, fous l’Empire de Claude le Gothique, desBarbares venus du fond des Palus Méotides, le jettérent auffi dans
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Byzance ; mais ils ne s’y arrêtèrent pas long-tems. Enfin Liciniûsdéfait par le grand Conftantin, fe retira dans cette ville, qui foutincencore un fiége,6c qui fut prilè par cet illuftre Empereur, qui l'ayantembellie enfuite 6c augmentée confidérablement, lui donna fon nom.On ne décrit point ici la fituation de cette ville, qui eft la plusbelle du monde ; 6c tant fur cela que fur diverles autres chofes cu-rieufes, on peut confulter l’article de CONSTANTINOPLE.Nous nous contenterons lëulement de remarquer fur ce qui regardsfon églife, que fi l’on en croit divers Grecs, ce fut l’Apôtre faintAndré qui la fonda , 6c qui eut divers fucceffeurs ; 6c entre autres;félon eux, Domitius, frère de l’Empereur Probus; ce qu’on litauffi dans le Martyrologe Romain, au fujet du martyre de faint A-drien, qu’en dit fils de cet Empereur* Il femble qu’on pourraitdouter de la vérité de ce fait, parce que leî Aéles du même S. A-drien , font Domitius, auffi-bien que lui, fils de Probus: 8c il neparaît pas qu’on puiiïè bien l’appuyer de l’autorité de Vopifque, quià la fin de la Vie de cet Empereur dit, que fes Defcendans, lieraRomanam fugerunt ; car cet Auteur détermine enfuite le lieu où ilsfixèrent leur féjour, 6c dit qu’ils s’établirent en Italie auprès de Vé-rone , où on n’a pas du venir chercher un Evêque pour Byzance*D’ailleurs faint Adrien ayant foufFert à Byzance fous Liciniûs, c’eftà dire au plutôt l’an 311, Domitius, par qui on dit qu’il lut enter-ré à Argyropoiis, aurait encore été alors Evêque de Byzance ; cequi laifle trop peu de tems pour l’Epifcopat de Métrophanès, quife-lon divers Auteurs, fut de dix ans, 6c à qui Alexandre fuccédadès l’an 313. On ne peut pas faire plus de fonds fur ce que ces Ecri-vains Grecs difent des prédéceftèurs de Domitius ; 8c il eft plus queprobable, que la lifte de ces Evêques eft toute fàufie. Onn’ytrou-ve point de Philadelphe ; 6c c’eft juftement celui que Gédréne, Au*teur plus curieux que la plupart des Ecrivains de fa nation, 6c quiexaminoit le mieux ce qu’il écrivoit, affine avoir été, fous le régnede Caracalla, le premier Evêque de Byzance, qu’un Prêtre avoitgouvernée auparavant pendant huit ans, fans doute depuis le réta-bliflement de la ville. Il nomme auffi un Eugénius, qui fut fait E-vêque de Byzance la troifiéme année de Gordien, 6c qui gouvernacette églife pendant 25 ans ; mais il ne fait pas la faute que SiméonLogothéte a faite, de le dire fécond Evêque de Byzance ; ce qui nepouvoit s’accorder avec ce qu’il avoit écrit, que Philadelphe n’avoitfiégé que trois ans. Pour Rufin , que le même Siméon nomme Evê-que de Byzance fous le régne de Numérien, Cédréne n’en dit riensmais ni lui ni Eugénius, ne font nommez dans les liftes, où l'ontrouve des noms tout différens. * Eufébe, in Chron. Etienne deByzance. Petrus Gillius, de Tofografhia Conftantinop. Confiant. Por-phyrogen. de Them. I. 2. ch. 1. Hérodote, /. j. ch. 103. Diodorede Sicile, anno primo Olympiadis XCI. Xénophon, Hellenic.
BYZANCE (Léon de) Philofophe. Voyez. LÉON:
BYZANCE (Théodore de) Voyez, T H E O D O T E.
BYZANCE (Etienne de) célébré Grammairien: Voyez,
ETIENNE
BYZANTINE (Hiftoire) nom que l'on a donné a uncorps dJHiftoire de Conftantinople, 8c dont on a fait l’impreffionau Louvre dans le XVII fiécle. Elle commença de paraître l’an1645, parles livres de Jean Cantacuzéne, qui n’avoient point*enco-re été imprimez en Grec, 8c qui contiennent l’Hiftoire de ce quis’étoit palfé fous l’Empire d’Andronic6cfous le fienjufqu’en 1332.On y ajouta la Verfion Latine de Pontanus, 6c les Notes du P.Gretfèr. Cela fut fuivi deux ans après de l’Abbrégé Hiftorique deCédréne, depuis le commencement du monde jufqu’en 1057, au-quel on joignit pour fupplément quelques extraits de Jean Scyliza ;6c l’Hiftoire de Nicétas Choniate, qui commence en 1118, 8 c fi-nit en 1204. Les Notes de Xylander 6c du P. Goar Dominicain,6c le Glofiàire de M. Fabrot accompagnèrent ces Auteurs. L’an-née fuivante 1648, on publia les extraits des Ambaftàdes deThéo-phylaéle Simocatta, qui a écrit l’Hiftoire de l’Empereur Maurice,6c l’Abbrégé de Nicéphore Patriarche de Conftantinople, qui con-tient ce qui s eft pafl’é depuis la mort de l’Empereur Maurice jufqu’àLéon IV , avec les Eclogues Hiftoriques que Meurfius avoit déjàpubliées. Le P. Goar publia en la même année le Traité de GeorgeCodin , des Charges de la Cour &c , 8c y joignit fes Notes ÔC cellesdu P. Gretfer. '*Anaftafe le Bibliothécaire parut l’an 1649, avec lesNotes 6c le Glofiàire de M. Fabrot, qui en publia un autre l’annéefuivante avec Chalcondyle 6c avec les Annales Turques, traduitesen Latin par Jean Leunclavius, 6c continuées jufqu a l’année *588.L’an 1651, vit éclorre l’Hiftoire d’Acropolita ôc de Ducas, la Chro-nique Orientale qu’Abraham Ecchellenfis avoit traduite en Latin, &l’Alexiade de la Princeffe AnneComnéne, traduite ôc enrichie d’unGlofiàire par le P. Poffin Jéfuite. L’année fuivante on publia Geor.ge Syncelle, dont la Chronographie fuit Eufébe, 6c va jufqu’à l’em-pire de Maximien 8c de Maxime, qui fut traduit 8c noté par le P.Goar. Trois ans après, le P. Combefis Dominicain publia Théo»phane 8c Léon le Grammairien avec (à Verfion ôc fes Notes. Con-ftantin Manaffès, 8c les origines de Conftantinople de Codin, avêcquelques autres pièces, parurent en même tems, le tout éclairci patles Notes ou par les Glofiaires de fort favans hommes. L an 166aproduifit Agathias avec les Notes de Vulcanius, 6c les Annales deMichel Glycas, qui n’avoient jamais paru en Grec: le P. Labbe fitdes Obfervations fur ce dernier. L’année buvante fut employéeà l’impreffion de Nicéphore Bryenne. Les deux volumes de Pro»cope occupèrent l’imprimerie du Louvre pendant les années 166a6c 1663. Le premier de ces volumes contient l’Hiftoire publique,
6c fut traduit par le P. Maltrait Jéfuite; 8c le fécond contient leTraité des Eâtimens de Juftinien 6c les Anecdotes de fon tems.Au bout de lêptans on publia Cinnamus 6c Paul le Silentiaire avecdes Notes de M. du Cange fur Nicéphore Bryenne, fur AnneComnéne 8c fur Cinnamus, 6c avec un Commentaire du même Au-teur fur Paul le silentiaire. Depuis ce tems on fut quinze ans en-tiers fans avoir la fuite de ce grand Ouvrage, fi ce n’eft qu’à Romeon publia en deux tomes George Pachymére dans les années 16666c 1669, avec de fort bonnes Notes, 6c un Gloffaire du P. Poflîn.
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