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2 (1740) Lettres B - CHEG
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53° B U S. B U T.

cois, dans le XV fiécle, vers l’an 1440, vivoit encore en 14S0.Il prêcha avec réputation , & laiflà des Sermons & d'autres Ouvra-ges de piété, qui iont quelquefois remplisd’hiftoriettes peu vraifem-’blables. On a de lui, Memoriale Officium Conceptionis , (yc. * Con-fultez Wadinge, dans les Annales & la Bibliothèque des Frères Mi-neurs. Sponde. Wiliot. Poitevin. M. Du Pin, Bihlioth. des AuteursEcclef. du XVfiécle. ( '

B U S T O (George) Voyez. B U S T.

BUSTUA1RES, nom que l'on donnoit aux Gladiateurs,qu’on faifoit anciennement combattre auprès du bûcher des NoblesRomains, afin que le fang qu’ils répandoient, fervit de facrificeaux Dieux Infernaux. On trouva cette coutume moins cruelle quede leur immoler des prifonniers à la guerre, comme on faifoit au-paravant, & on nomma ces Gladiateurs Bujluaires, du mot LatinBuftum, qui fignifiefiacéer, où les anciens brûloient les corps desdéfunts. Suétone, dans la Vie de Tibère, ch. y, dit que cet Empe-reur fit combattre les Euftuaires, en mémoire de ton père & defonayeul Drufus, en divers tems & en divers lieux;d'abord au mar-ché, in Foroj puis dans l'Amphithéâtre. Les premiers Romainsqui établirent cette coutume, pour honorer les cendres de leurs pè-res , furent Marcus & Décimus, fils de Brutus, fous le confulatd’Appius Claudius, & de Q^Tibérius, comme le témoigne Valé-re Maxime, liv. 2. ch 4. On n’en ufoit pas feulement de la forteaux lunérailles des perfonnes de la première qualité ; mais aufftdans celles des particuliers, comme l’affüre Tertullien, au chapitre6. des spectacles. U y en avoit même qui étant au lit delà mort,ordonnoient par leur teftament qu'on leur rendit cet honneur.Dans la fuite des tems, ces jeux lànglans, qui ne fe célébroientqu auprès des bûchers, pafîërent de là au Cirque & aux Amphithéâ-tres : de forte que ce qui n’étoit au commencement qu'une cérémo-nie funèbre, devint l’exercice ordinaire des Gladiateurs, pour ledivertifîèinent du peuple. * Antiq. Romaines.

B U S T U S (George) Voyez. B U S T.

BUSWEILLER, bon bourg, chef dune Seigneurie demême nom, laquelle étant jointe à celle de Liechtemberg, &àquelques Bailliages, fait un petit Etat des Comtes de Hanaw, bor-né au midi & au levant par la Balle Aliàce, au nord par le Palatinatdu Rhin, & au couchant par les montagnes de V auge, qui le fépa-rent de la Lorraine & de la Seigneurie de la Petite Pierre ou Lut-zelftein. * Maty, Ditl.Géogr.

BUT.

B UTACIDE, de Crotone en Italie, fut le plus bel hom-me de fon tems. Il étoit aulli fort adroit à toutes fortes d'exer-cices, & avoit été fouvent vainqueur dans les Jeux Olympiques.S’étant joint avec Doriæus, il fut tué en Sicile, dans un combatcontre ies Habitans de la ville d’Egefta. Il fut fi tort regretté pourfa beauté, que les ennemis même lui dreflërent un monument, &lui offrirent des facrifices après fa mort. * Hérodote, l. j. où ildonne la raifon des cérémonies Payennes.

* B U T A S de Milet, fils de Polynice, fut un fameux Athlè-te dont parle Paufanias dans le livre lîxiéme ou dans les Eliaques,& auquel il dit qu’on érigea une ftatue.

BUTAS, Poète Grec, auteur d’un Ouvrage en vers Elégia-ques, où il donnoit la raifon des cérémonies Payennes. Plutarquele cite dans la Vie de Romulus. C’étoit peut-être un aflèz mau-vais Auteur ; mais il ne laifferoit pas d’être fort curieux de favoir cequ’il difoit fur ces cérémonies. * Plutarque, inRomulo.

B U T C HE R, (Jeanne) autrement Jeanne de Kent. Voyez.

B O C H E R.

BUTE, ifle. Voyez B O O T.

BUTÉO. Cherchez B O T E O N.

B U T E'R A, petite ville de Sicile, avec titre de Principau-té, dans la province dite Valle di Noto , eft dans les montagnes, àtrois ou quatre lieues de la mer. * Léandre Alberti, Defcript.lt al.

BUT E'S, fils de Borée Roi de Thrace, fut banni par fonpère, parce qu’il avoit voulu tuer fon frère Lycurgue. Il montafur un vaifîèau avec ceux de fon parti, & aborda qi lifle de Na-xos, qu’on appelloit alors Strongyle. L’ayant trouvée commodepour y fixer fon féjour, il remonta fur mer avec la meilleure partiede fes gens, pour aller enlever des femmes pour eux & pour lui.Ils trouvèrent fur la côte de la Theffalie plulieurs femmes qui célé-broient les Bacchanales, & entre autres, Iphimédie, femme d’A-loè'us, fa fille Pancratis, & Coronis. Butés prit la dernière pourlui; maisBacchus, de qui cette fille avoit été nourrice, lui envoya,dit-on, une fureur violente, qui le porta à fe jetter dans un puitsoù il périt. Les Thraces ne laifférent pas de regagner leur vailfeauavec leur proye, & retournèrent à Naxos, où ils proclamèrentAgafiàméne premier Roi de cette ifle. * Diodore, l. 5. Biblioth.

* BUT E'S, fut fils d’Amycus Roi de Bébrycie, ou, commele dit le Père h Rue, fon petit-fils. Amycus ayant été vaincu parPollux, Butés's’enfuit en Sicile. Il y devint amoureux de la fà-meufe Courtilàne Lycafte à qui fon extrême beauté fit donner lenom de Vénus, & il en eut Erix qui fonda un Royaume & uneville de fon nom. * Virgile, Enéide, l. 5. ^.23 24. Le Père la

Rue, dans fes Notes fur le vers 24. du $. 1 . de l’Enéide de Virgile.

* BUT E'S, Ecuyer d’Anchile fut donné à Afcaniuspar Enéepour tenir compagnie à fon fils. Ce fut fous la forme de ceVieillard qu’Apollon apparut à Afcanius. * Virgile, l. 9. de l'E-néide , v. 644. & fttiv.

* B U T E'S, Officier de l’armée d’Enée tué par Turnus Roides Rutules. * Virgile, /. vz.de l’Enéide, it. 362.

* B U T E'S , Officier de l’armée d’Enée, tué par CamilleReine des Volfques. * Virgile, Lu. del’Enéïde, v. 69 t.

* B U T E'S, fils d’Erechthée Roi d’Athènes. Paufanias dansles Attiques ou au premier livre , dit que dans le temple appel léErechtheum, il y avoit un autel de Butés auquel il donne le nom deHéros.

BUT.

* BUT E'S, félon Cœlius Rhodig. /. 14 .c. 13. eft le non*d’un Prêtre.

* B U T E'S, félon Orphée, étoit un des Argonautes.

* BUTES, félon Tortellius, eft le nom d’une rivière deScythie.

BUTHE ou BOO T, ifle d’Ecoffe. Il y a dans cette iflequatre Egli-fes & deux châteaux qui font Rotbfay & Kems. Le pre-mier a donné le titre de Comte, & enluite celui de Duc aux filsâinezdes Rois d’Ecoflè. Le Prince David, fils de Robert III, aporté le premier le titre de Duc de Rothfay. * Mîege, Etat préfent dela Grande Bretagne. Etat de la Grande Bretagne fous George II, tome2. p. 287. Voyez B O 0 T, ifle d’Ecoflè.

B U T H O U. Voyez B U T O W.

B U TH U S, fameux Athlète, mangeoit , dit-on, un bœufentier dans un jour. Depuis on donna le nom de Buthus aux grandsMangeurs, qu’on ne peut raflàfier. Buthus obatnbulat: BaV© ttrept-CpoirS. * Héfÿchius & Zenobe, p. 44.

BUT HYREUS, excellent Statuaire & Difciple de My-ron, qui, entre autres ouvrages de fes mains, réprélènta fort aunaturel un jeune garçon occupé à fouffler un feu qui s’éteint.* Pline, l. 34. c. 8j

B U T I N. Dieu avoit donné une loi touchant le butin, Nom-bres,ch. 31. il. 27, par laquelle le butin devoir fe partager égalemententre ceux qui avoient combattu, & avec tout le relie du peuple.La moitié devoit être pour le peuple qui n’avoit pas pris les armes,& l’autre pour les Soldats. David fit oblerver cette foi après la dé-faite desAmalékites, l.Samuel ou I .Rois, ch. 30.11. 24.25. LesRabbins prétendent que fous les Rois d’Ifraël on fuivit une autrerégie dans la diftribution du butin. L’on donnoit au Roi tout cequi avoit appartenu au Monarque vaincu, fa tente, fes Efclaves,fes animaux, fes dépouilles & fon thréfor. Enluite on partageoitle refle du butin, en deux parties égales, dont le Roi avoit la moi-tié, & l’autre appartenoit aux Soldats. Cette dernière partie étoitdifiribuée également entre les Soldats qui avoient combattu, 8 cceux qui avoient gardé le camp. Parmi les Grecs, les Soldats met-toient tout le butin en commun, puis le Roi, ou Je Général, lepartageoit également entre eux. On donnoit auffi aux Dieux unepart des dépouilles gagnées ; fi r 1 ennemi. Numa avoit ordonnéqu’on offriroit à Jupiter Fénlrten la première partie; la fécondé àMars, & la troifiéme a ^uirinus. Quelquefois on brùloit à l’hon-neur des Dieux la part du butin qu’on leur deftinoit ; d’autres foison la mettoit dans leurs Temples. Dans i’Aleoran, fous le titreAnfal, il eft porté que de tout ce qui eft pris chez l’ennemi, descinq parts les Soldats en auront quatre, & la cinquième partie appar-tiendra à Dieu, au Prophète Mahomet, à fes parens, aux orfelins,aux pauvres & aux Pèlerins. * D. Calmet, DiH. de la Bible.

B U TI N I (Pierre) Miniftre, né à Genève le huitième fé-vrier 1678, fils de Domin. Butini Miniftre de l’Eglife de Genève,mort en 1728, âgé d’environ 86 ans. Dès fa plus tendre jeuneflè ilfit parôitre beaucoup de pénétration, & de goût pour les Sciences,En 1698, il fut mis au rang des Miniftres, & quoique fort jeune,il eut beaucoup d’applaudillèment. En 1700, il fut appellé parl’Eglife Françoilè de Leipfic qu’il dçllervit deux ou trois années,En 1703, il fut choifi pour Miniftre de l’Eglife Walonne de Lon-dres. Quoiqu’abfent, & fans l’avoir ouï prêcher, on le préféra à

fes Concurrens, fur a réputation qu’il avoit déjà aquife. Maisfon peu de farté l’empêcha de fe prévaloir d’une vocation fi hono-rable , & lui fit préférer le retour dans fa Patrie, où il fervit enco-re quelques années une Eglife de la Campagne. En 1706, affiftanîun de fes Paroiffiens attaqué de la Dyflènterie, il prit cette maladie& en mourut. On a de lui deux volumes de Sermons imprimezaprès fa mort, en 1708. Quoi qu’il les eût compofez avec unegrande promtitude, & fans le moindre foupçon que l’on dût ja-mais les rendre publics, ils n’ont pas laiflë detre fort goûtez. Usfont pleins de traits vifs qui entraînent le Leéteur. On a auffi delui ÏHifioire de la vie de J. c. imprimé à Genève en 1710. Cet Ou-vrage, non plus que fes Sermons, n’étoit point deftiné à lïmprel-fion. M. Butini s’étoit Amplement propofé de traduire l’HarmonieLatine de M. le Clerc, ou plutôt fa Paraphrafe, d’une manière unpeu étendue, en faveur de quelcune de fes parentes qui fouhaitoit devoir cet Ouvrage. Dans les huit ou dix premiers chapitres, il n’aprefque fait autre chofe que paraphrafer M. le Clerc. Mais M.Butini avoit l’efprit trop vif, pour taire plus longtems le métier déTradufteur. Quelque eftime qu’il eût pour fon Auteur, il fedonna plus de liberté dans la fuite. On y voit des traits originaux& des explications nouvelles de plufieurs endroits du Nouveau Te-ftament. Quelques perfonnes en ont trouvé le ftile un peu diffus,maison eft convenu généralement qu’il a beaucoup de nobleflè &cd’élévation. Cet Ouvrage a eu beaucoup de fuccès.

M. Butini avoit encore compofé un Commentaire en François furl’Evangile félon S. Matthieu. Ceux qui l’ont manié, y ont trouvédivers traits d’une excellente Critique. L’Auteur y explique d’unemanière nouvelle''Avers paffages de cet Evangélifte. Mais ce Sa-vant, comme bi/ù d’autres, formoit fi mal les caraétéres, qu’il aété impoffible de déchifrer bien des endroits de fon Manufcrit,Par là le Public a été privé d’un Ouvrage qui aurait été fort utile.

M. Butini avoit un frère plus jeune que lui, nommé Jean-Robert,qui étoit auffi né pour les Sciences. Il fe dellina à la Médecine oùil fit de grands progrès; mais comme il eft mort fort jeune, puis-qu’il n’avoit que 33 ans, on n’a de lui qu’une Diflèrtation for un en-droit du premier liyre des Commentaires de Céfar. Le texte ditque les Helvétiens voulant pajfer dans les Gaules par le pats des Allo-broges , Céfar s’oppofa à leur paffage par le moyen d une muraille ou d ursretranchement qu il fit faire depuis le Lac Léman jttfqu au Mont-Jura.On place ordinairement cette muraille depuis la petite ville deNion en Suiffe, jufqu’à la montagne voifine. Mais M. Jean-Ro-bert Butini fait voir avec la dernière évidence, que cet habile Gé-néral en fe poftant de cette manière, aurait violé toutes les régiesde la Guerre. Il placedonc cette muraille, ou plutôt ce retranche-ment